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Economie

Bercy revoit sa copie et abaisse sa prévision de croissance à 2,5% pour 2022

Bercy abaisse sa prévision de croissance de 4% à 2,5% pour 2022 et revoit l'inflation à la hausse, à 5%, alors que la loi de finances initiale la prévoyait à 1,5%.

Comme attendu, Bercy a revu sa prévision de croissance à la baisse pour 2022. Elle passe officiellement de 4% à 2,5% en raison de la dégradation de la conjoncture économique.

L'économie française paie cher un mauvais début d'année sur le front d'activité. Vague Omicron, guerre en Ukraine, stratégie zéro Covid en Chine... L'activité s'est contractée au premier trimestre de l'année, de 0,2%, tirant la croissance de 1,5 point vers le bas.

Pourtant, les "fondamentaux de l'économie résistent bien", assure l'entourage des ministres Bruno Le Maire et Gabriel Attal. La consommation se maintient malgré l'inflation galoppante, à 5,2% sur un an en mai selon l'Insee, les touristes internationaux sont revenus grâce au recul du Covid et l'activité devrait être globalement positive au deuxième trimestre de l'année.

Autre signal positif, les créations d'emploi devraient se poursuivre, même si le rythme sera un peu moins élevé qu'en 2021, avec environ 115.000 attendus sur l'année.

Inflation à 5% sur l'année

Par ailleurs, Bercy table sur une inflation de 5% cette année, bien au-delà de celle inscrite dans la loi de finances initiale qui l'estimait à 1,5%. Mais la situation aurait pu être bien pire. Selon Bercy, les mesures prises pour limiter les conséquences de la hausse des prix sur le pouvoir d'achat des Français depuis l'automne (indemnité inflation, remise sur les carburants...) ont permis de la réduire de 1,5 point. Autrement dit, sans ces mesures, l'inflation aurait pu atteindre 6,5%.

L'Etat devrait encaisser beaucoup plus de recettes fiscales et sociales que ce qui avait été anticipé à l'automne, environ 50 milliards d'euros supplémentaires par rapport à la loi de finances d'origine. Plus de TVA, de cotisations sociales, d'impôt sur le revenu et sur les sociétés...

D'après Bercy, les deux points de recettes supplémentaires permettront de financer toutes les dépenses engagées depuis l'automne, et celles à venir dans le cadre du projet de loi pouvoir d'achat. Un équilibre qui permet à Bercy de ne pas revoir sa prévision de déficit pour 2022, qui reste à 5%. La dette serait même inférieure aux dernières prévisions, à 112% au lieu de 113,5% du PIB.

Le très attendu projet de loi de finances rectificative doit être présenté le 6 juillet en Conseil des ministres, et sera soumis au Parlement à partir du 18 juillet.

Thomas Sasportas, Gaëtane Meslin et Pauline Dumonteil