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L'inflation française attendue proche des 7% en fin d'année

Selon l'Insee, l'inflation va continuer d'accélérer pour atteindre 6,8% fin 2022. En moyenne sur l'année, l'institut de la statisque table sur une hausse des prix de 5,5%. La croissance, elle, devrait s'établir à 2,3%.

Les Français n'ont pas fini de voir la facture grimper. Selon la dernière note de conjoncture de l'Insee publiée ce vendredi, l'inflation devrait poursuivre son accélération dans les prochains mois pour atteindre 6,8% en décembre sur un an. En moyenne sur l'ensemble de l'année, l'indice des prix à la consommation s'éleverait à 5,5%. Un plus haut depuis 1985.

Dans le détail, après 4,8% en avril et 5,2% en mai, l'inflation devrait continuer d'augmenter pour atteindre 5,9% en juin puis près de 7% en septembre avant de se stabiliser entre 6,5 et 7% les mois suivants.

L'inflation énergétique devrait gonfler à 31,3% en juin avant de diminuer progressivement par "effet de base" mais tout en restant très élevée (+25,7% en moyenne sur l'année). En répercussion de l'augmentation des coûts de production, la hausse des prix alimentaires accélérera elle aussi pour atteindre 8,2% en décembre sur un an (+5,4% en moyenne en 2022).

A noter que l'Insee tient compte des effets du bouclier tarifaire qui a permis de réduire l'inflation de deux points en mai.

La France devrait échapper à la récession

Variant Omicron, guerre en Ukraine... Le contexte sanitaire et international, à l'origine des difficultés d'approvisionnement des entreprises et de l'inflation, a perturbé l'économie française début 2022, le PIB tricolore ayant reculé de 0,2% au premier trimestre.

L'économie mondiale devrait toutefois se redresser au second semestre, portée par la reprise de l'activité chinoise. Les économies européennes resteront malgré tout plus exposées au choc de la guerre en Ukraine. Si bien que la croissance française devrait être modérée (+0,2% au deuxième trimestre, et +0,3% au troisième et quatrième).

Sur l'ensemble de l'année, la croissance du PIB atteindrait 2,3%, soit la même prévision que la Banque de France, mais "l'activité en fin d'année serait tout juste supérieure à son niveau de fin 2021 (+0,6%)", relève l'Insee. L'institut de la statistique prévient cependant que "ces prévisions restent fortement dépendantes de l’évolution des différentes difficultés sur le front des approvisionnements, des prix ou bien encore des recrutements". Autant d'éléments qui dépendront de l'évolution de la situation sanitaire et de la guerre en Ukraine.

Le chômage à 7% en fin d'année

Après les 855.000 emplois créés en 2021, l'emploi salarié en 2022 devrait ralentir. Un peu plus de 200.000 emplois devraient tout de même être créés cette année dont 79.000 au premier trimestre, avant un rythme de progression plus modéré. Au global, l'emploi salarié en 2022 resterait nettement au-dessus de son niveau de 2019 avec 717.000 emplois en plus, soit +2,8%.

Le chômage quant à lui devrait poursuivre sa baisse. A 7,3% au premier trimestre, il devrait diminuer progressivement jusqu'à 7% en fin d'année.

En effet la population active devrait continuer de croître, notamment grâce aux contrats en alternance, bien qu'à un rythme de progression plus modéré que celui observé ces derniers mois: +32.000 au deuxième trimestre, +37.000 au troisième et +35.000 au quatrième après +122.000 au premier. Dans le même temps, l'emploi global (salarié et non salarié) devrait augmenter davantage (+73.000 au deuxième trimestre, puis +55.000 et +57.000). Si bien que le nombre de chômeurs devraient reculer de 99.000 sur l'ensemble de l'année.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco