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Voies sur berge: les temps de parcours ont augmenté dans Paris

Le Comité régional d’évaluation a rendu le 10 octobre son premier rapport sur la circulation dans Paris et en Ile-de-France, après la fermeture des voies sur berge. Le temps de parcours grimpe, notamment aux heures de pointe, mais les chiffres sont proches de ceux donnés fin septembre par la Ville de Paris.

Que sont devenus les 43.000 véhicules qui empruntaient chaque jour la voie Georges Pompidou, sur la berge rive droite, fermée à la circulation depuis le 05 septembre? Le comité régional d’évaluation mis en place le 12 septembre par la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse donne cette semaine quelques éléments de réponse, met en exergue Le Parisien. Le temps de trajet a certes augmenté, mais pas beaucoup plus qu’annoncé par la Mairie de Paris.

9 minutes de plus le soir en heure de pointe

"Les premières analyses montrent un accroissement significatif des temps de parcours sur la plupart des axes retenus aux heures de pointe entre septembre 2016 et septembre 2015, voire un accroissement important sur certains d’entre eux notamment sur les quais hauts et, dans une moindre mesure, sur une partie du boulevard Saint-Germain", notent les auteurs du rapport.

Ces propos doivent cependant être relativisés: il faut en effet 3 minutes environ de plus le matin, et 9 minutes en moyenne le soir sur cette portion des quais hauts. Le rapport note ainsi qu’il faut en moyenne 16 minutes pour parcourir les 2,6 kilomètres qui séparent les Tuileries du Châtelet, contre 7 minutes en septembre 2015. Le trafic n’a en revanche que peu augmenté boulevard Saint-Germain.

Ces chiffres ne sont surtout pas plus élevés que ceux relevés par la Mairie de Paris. Le 25 septembre, la Mairie de Paris annonçait une hausse d’une à cinq minutes du temps de trajet entre les Tuileries et le boulevard de l’Arsenal, une hausse de 7 minutes entre le boulevard Saint-Germain et Concorde, selon Le Monde et le JDD. "Les chiffres sont loin d'être alarmistes, a déclaré à l'AFP Christophe Najdovski, adjoint au maire aux Transports. Ils montrent que la mesure que nous avons prise est tout à fait soutenable".

"Il est vrai que le matin aux heures de pointe et le soir mais dans une moindre mesure, il y a une légère augmentation du temps de parcours pour les automobilistes qu’on estime au grand maximum à 8 minutes, notamment sur les quais hauts et un peu sur le boulevard Saint-Germain. La plupart du temps les automobilistes mettent entre deux et quatre minutes de plus", indiquait le 26 septembre Bruno Julliard, premier adjoint au maire de Paris.

Bataille autour de la méthodologie entre la ville de Paris et la région Ile-de-France

Derrière ces premières observations se pose cependant toujours la question des outils de mesure du trafic actuel, mais aussi de l’état du trafic avant la fermeture. "La situation initiale est mal connue, comme le soulignent la Commission d’enquête et l’Autorité environnementale, rappellent dans ce premier rapport les rédacteurs du comité. En particulier, nous ne connaissons pas la zone d’influence (les origines et destinations) des usagers de la voie Georges Pompidou. La Ville de Paris a basé son étude d’impact sur un périmètre très restreint choisi a priori alors que la zone d’influence n’était pas connue".

Le rapport a notamment utilisé les données des stations de comptage de Paris, pour mesurer le nombre de véhicules circulant dans la capitale. Manquent les chiffres de septembre 2016, premier mois de la fermeture des voies sur berge. Le comité demande ainsi au Préfet de police "d'organiser une concertation des différentes parties" pour confronter les données. Le comité souhaite également que le périmètre d'examen soit élargi jusqu'à l'A86. Le comité livrera un prochain rapport à la fin novembre, mais insiste sur le besoin de chiffres fiables, autant au niveau de la circulation que du bruit ou de la pollution.

Pauline Ducamp