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Trottinettes en libre-service: qui sont les seize opérateurs qui ont répondu à l'appel d'offres à Paris?

Des trottinettes dans Paris.

Des trottinettes dans Paris. - Philippe LOPEZ / AFP

Le dépôt des dossiers pour l’appel d’offre afin d’opérer un service de trottinettes en libre-service prenait fin ce mercredi. Seize sociétés ont déposé leur candidature, les opérateurs historiques, mais aussi beaucoup de nouveaux venus.

Seize, c’est le nombre de dossiers qui ont été déposés ce mercredi à l’appel d’offres de la mairie de Paris, selon des éléments publiés dans Les Echos et Le Parisien. Les candidats sont deux fois plus nombreux que le nombre de sociétés qui opèrent actuellement dans la capitale. Ils sont surtout cinq fois plus nombreux que les trois opérateurs qui seront finalement choisis, à l’issue de la procédure.

Paris, maître-étalon de la mobilité en Europe

"Ce nombre montre l’intérêt du business-model autour des mobilités alternatives en libre-service, précise Grégoire Hénin, vice-président de la Fédération des Professionnels de la Mirco-Mobilité (FP2M). Certains opérateurs sont entrés sur ce marché par la trottinette et veulent désormais proposer des vélos. D’autres font l’inverse. Il y a un besoin de développer des mobilités alternatives. Clairement ici on voit aussi ici un effet Paris".

Si d’autres villes comme Stockholm ont déjà mis en place des législations contraignantes pour encadrer l’usage des trottinettes en libre-service, réussir dans la capitale française donnerait aux opérateurs désignés une carte de visite mondiale.

"Paris est une des villes les plus denses au monde, poursuit Romain Afflelou, président de CosmoConnected. Les mobilités alternatives y remplacent la voiture, par rapport à ce qui se passe aux Etats-Unis par exemple. Réussir à Paris représente un gain financier, en termes d’image pour d’autres appels d’offre et aussi en termes de développement de futurs business, par exemple de vélos en libre-service".

Cette attractivité explique la présence de nouveaux acteurs dans l’appel d’offres face aux opérateurs "historiques", même si le nom de tous les candidats n’a pas encore été rendu public. Rappelons que les premières trottinettes électriques en libre-service sont apparues en juin 2018 à Paris.

Quels opérateurs sont candidats?

> Les opérateurs "historiques"

Les Américains Lime et Bird font bien entendu partie des candidats, mais aussi l’Allemand Tier et peut-être aussi Lyft. Lime réaliserait pratiquement 40% de son chiffre d’affaires mondiale à Paris, avec 20 millions de trajets enregistrés en 2019.

Perdre Paris représenterait un gros manque à gagner pour ces sociétés qui ont inondé la capitale de trottinettes dès leur arrivée il y a 18 mois. Sous cette hypothèse, elles pourraient en venir à s’associer avec, voire à racheter des opérateurs plus petits, s’ils étaient choisis par la mairie. Bird a déjà annoncé il y a quelques jours son intention de racheter Circ, qui ne candidate pas à Paris.

> Les spécialistes de la mobilité

L’américain Jump, Bolt et l’allemand Wind (Byke mobility) feraient aussi partie des candidats. Jump, la division vélo et trottinette électriques d’Uber) fait partie des derniers arrivés à Paris, mais ces véhicules rouges flashy se repèrent immédiatement.

Wind dispose aussi de vélos en libre-service en Allemagne. Si des sociétés comme Lime ou Tier l’envisagent aussi, ces spécialistes veulent proposer une offre plus globale avec des vélos et des trottinettes, et pourquoi pas demain des scooters. Des fabricants de vélo feraient aussi partie des candidats.

> Les challengers

C’est le cas du français Dott ou du suédois VOI. Ces sociétés misent depuis plusieurs mois, si ce n’est depuis le début, sur des trottinettes conçues en interne (Dott), plus solides, et des salariés sous contrat (VOI). Le suédois déploie actuellement des trottinettes à la batterie amovible pour améliorer notamment le taux de rotation des engins. Là aussi l’enjeu est de taille pour ces sociétés. Paris représente le premier marché pour VOI qui se concentre sur l’Europe.

> Les start-up innovantes

A côté des géants, certaines start-up tentent de se faire une place. C’est le cas de Pony. L'entreprise française se distingue par un modèle inédit: elle propose des trottinettes en libre-service mais les utilisateurs les possèdent. Ils ne les louent que lorsqu’ils ne s’en servent pas. Une manière de responsabiliser les utilisateurs.

> Les constructeurs automobiles

Ce sont les nouveaux venus dans le monde de la mobilité parisienne. BMW et Daimler via FreeNow et Ford via Spin sont aussi candidats à l’appel d’offre. Les Allemands ont déjà des systèmes d’auto-partage, mais de voitures électriques.

Ford veut se positionner comme un acteur de mobilité. Les trottinettes leur offrent une approche globale pour fidéliser leurs clients: ces derniers laissent leur voiture en parking relais, puis finissent leurs trajets en trottinettes.

Après la date limite de dépôt des dossiers ce mercredi, la liste des candidats doit officiellement être connue le 20 mars. Les premiers résultats devraient sortir fin avril ou mi mai, pour une décision finale attendue par les professionnels début juin. Ce calendrier reste bien entendu conditionné aux résultats des élections municipales dont le second tour se tiendra le 22 mars. La candidate LR Rachida Dati pourrait ainsi revenir sur l’appel d’offres pour mettre en place un autre dispositif, englobant les vélos.

Pauline Ducamp