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Bird et Lime ne vont plus faire appel aux juicers pour recharger leurs trottinettes à Paris

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- - Eric Piermont- AFP

A quelques jours d'intervalle, les deux start-up ont annoncé un changement majeur dans leur mode opérationnel. Fini les très décriés juicers, la recharge des trottinettes en libre-service sera désormais assurée par des professionnels, soit recrutés en interne soit par des prestataires.

Bird et Lime ne veulent plus de juicers à Paris. Ces autoentrepreneurs ont pour mission de récupérer dans les rues les trottinettes dont la batterie est à plat, de les recharger, puis de les repositionner là où l'application leur indique. Un système qui a contribué à la vague de mécontentements générée par les services de trottinettes en libre service qui ont déferlé dans la capitale.

En effet, ces juicers sont payés à la recharge, et pour obtenir un revenu décent, ils ont multiplié les pratiques inciviques voire dangereuses. Pour les rapporter sur leurs lieux de charge, certains juicers les empilent les unes sur les autres, et leur équilibre incertain les transforme en véritable danger sur la route. Quant à ceux qui possèdent un véhicule pour les transporter, ils oublient là aussi toute notion de respect de la sécurité routière, pour se garer n'importe où le temps de mettre les trottinettes dans leur coffre.

Sans compter ceux qui utilisent les prises électriques communes des cours d'immeuble ou des parkings pour ne pas payer l'électricité ou encore multiplient les branchements dans des locaux, sans se soucier des normes électriques. Mais la pratique qui a sans doute le plus porté de discrédit à cette activité est l'utilisation de générateurs à essence pour recharger, à même le trottoir, les trottinettes. Plusieurs Parisiens exaspérés en ont publié des photos sur Twitter.

Le modèle économique de ces sociétés faisait aussi débat, avec le recours à des autoentrepreneurs, sans protection sociale et avec une rémunération aléatoire, plutôt que des salariés.

Toutes ces pratiques ternissent l'image de ces entreprises, à l'heure où la Mairie de Paris tente de mettre de l'ordre sur ses trottoirs et ses routes. La ville s'apprête à lancer un appel d'offres pour limiter à trois le nombre d'opérateurs, alors qu'ils sont actuellement une dizaine à se partager le marché. Avec ses annonces Bird et Lime entendent donc montrer leur bonne volonté vis-à-vis des demandes des collectivités locales.

Mais que vont devenir ces autoentrepreneurs qui vont perdre leur source de revenu? Bird a fait le choix de proposer à ses juicers, ils sont actuellement une centaine, des contrats en CDI. Leur mission consistera toujours à assurer la collecte, la recharge puis de la remise à la disposition des clients. Mais ils pourront aussi effectuer de petites réparations, déplacer les trottinettes dans les zones où la demande est forte. Et replacer celles qui sont mal garées.

Lime va lui aussi recruter certains de ses juicers, pour leur proposer des postes dans son service logistique, pour devenir mécanicien, chauffeurs…Il leur proposera aussi une aide pour devenir entrepreneur. Quant à la recharge de ses trottinettes elle sera assurée en partie par ses propres services, l'entreprise a toujours affirmé que les juicers n'étaient qu'un renfort. Mais il fera aussi appel à compter du 21 octobre à des prestataires professionnels, ayant le statut de SASU ou SARL. "L'utilisation des véhicules électriques pour la collecte ainsi que les énergies vertes seront deux critères privilégiés dans le choix de ses prestataires", précise la start-up californienne.

Coralie Cathelinais