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Taxis, VTC, covoiturage, le transport de personnes subit de plein fouet l’épidémie de coronavirus

Moins de déplacements professionnels, moins de touristes et plus de télétravailleurs, le secteur est rattrapé par l’épidémie de coronavirus, notamment en région parisienne.

Moins de déplacements professionnels, moins de touristes et plus de télétravailleurs, le secteur est rattrapé par l’épidémie de coronavirus, notamment en région parisienne. - Thomas SAMSON / AFP

Moins de déplacements professionnels, moins de touristes et plus de télétravailleurs, le secteur est rattrapé par l’épidémie de coronavirus, notamment en région parisienne.

Des bornes de taxi où attendent une douzaine de chauffeurs au cœur de Paris, plusieurs heures de patience à l’aéroport de Roissy avant de charger un client, une baisse des réservations en covoiturage. Depuis une dizaine de jours, les taxis, VTC et les loueurs de voiture subissent de plein fouet le recul de l’activité économique dans le sillage de l’épidémie de coronavirus. Et la fermeture des bars, restaurants et commerces non indispensables annoncée ce samedi par le Premier ministre Edouard Philippe comme celle des écoles lundi 16 mars dans tout le pays risquent encore de tendre la situation.

Moins de professionnels, moins de touristes

Moins de touristes, moins de déplacements professionnels, la baisse de l’activité aux aéroports parisiens pèse notamment sur les loueurs de voitures. "Nous étions jusqu'à présent nettement moins touchés que les loueurs internationaux, mais nous voyons se profiler de nombreuses annulations pour les vacances de Pâques", rapporte dans Les Echos ce vendredi Panayotis Staïcos, directeur général délégué d'Ada. Les sociétés de location restent cependant frileuses dans leurs réponses, ne souhaitant souvent pas commenter cette situation exceptionnelle. 

La baisse du tourisme, et donc de l’activité aux aéroports parisiens plombent aussi fortement les taxis. Ainsi, la société G7 qui opère 9000 taxis à Paris a noté un ralentissement de son "activité de 15 à 20% depuis une semaine suite à l’épidémie de coronavirus", précise la société dans un communiqué. G7 connaît cependant "des variations importantes selon les profils des clients".

"L’activité aux aéroports baisse de 50% à Roissy du fait des suppressions de vols internationaux et de 15% sur Orly, précise G7. La demande de la clientèle professionnelle baisse de 30% du fait de consignes de certaines entreprises de limiter les déplacements de leurs collaborateurs".

La baisse est moins sensible pour les clients particuliers, elle ne serait que de 10%. Certains passagers se reporteraient sur le taxi pour éviter des transports en commun. Selon un sondage publié cette semaine par l'association 40 Millions d'automobilistes, 62% des personnes interrogées privilégieraient l'usage de la voiture en cette période d'épidémie. Le covoiturage semble également moins touché.

Le covoiturage moins touché

Karos propose du covoiturage du quotidien domicile-travail. Ces dernières semaines, l’application poursuivait sa croissance. "En février, nous enregistrions 20% de croissance, tout comme début mars, avec une croissance de 15 à 20%, nous explique Christelle Plairville, en charge du marketing chez Karos, qui compte 380.000 membres conducteurs et passagers. Nous avons enregistré de nombreux nouveaux inscrits, alors que le nombre de déplacements a baissé. Au lieu de prendre les transports en commun, des salariés se sont tournés vers le covoiturage".

Ce vendredi cependant, la tendance s’est inversée. "Les annonces du président de la République ont tout changé, poursuit Christelle Plairville. Nous comptons aujourd’hui une baisse de 20% des trajets par rapport à jeudi". Chez Karos, on reste cependant confiant, une seule journée n’étant pas représentative selon Christelle Plairville de la tendance à venir.

Sur des trajets plus longs, BlablaCar enregistre également une baisse de 15% de son activité. L’activité covoiturage apparaît moins importante que celle de l’activité bus. Blablabus est en recul de 20%. "La différence entre le bus et le covoiturage pourrait s’expliquer par le fait que les voyageurs semblent plus rassurés à l’idée de voyager avec un petit nombre de personnes et de pouvoir se parler avant le départ", précise un communiqué de BlablaCar.

Un recul des réservations de courses en VTC

Les compagnies de VTC ont également enregistré un recul d'activités ces derniers jours. Sur le comparateur MyMove, les réservations de trajets ont baissé de 7% sur les dix derniers jours. En parallèle, les prix des courses semblent augmenter légèrement.

"Les mesures qu’a pris le gouvernement forcent les plateformes VTC à augmenter légèrement leur prix, nous explique Adrien Messih, PDG et fondateur de MyMove. En temps normal, le prix moyen d’une course sur notre plateforme est de 16 euros. Depuis 10 jours, le prix commandé d’une course est de 19,30 euros. Notre algorithme prédit que ce week-end, les prix moyens seront de 24 euros".

Heetch assure lui maintenir ses prix, les autres plateformes semblent suivre la demande. Sollicité, Uber n'a pas souhaité communiquer sur ce sujet. Sur la plateforme MyMove, les réservations pour une course avec le leader à Paris, Uber, ont baissé de 17%.

Pauline Ducamp