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Coronavirus: comment les VTC et les loueurs de voitures cherchent aussi à réduire les risques de contagion

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Avec le risque de contagion au nouveau coronavirus, les VTC et loueurs de voitures ont bien transmis les recommandations des autorités de santé. Certains centres de lavage sont contactés, surtout par des clients professionnels, pour des nettoyages plus poussés de l'intérieur, avec l'application de bactéricides et de virucides.

C’est une histoire banale qui illustre plutôt bien les craintes actuelles autour du coronavirus: un groupe de quatre amis décide de commander un Uber vendredi dernier, le 6 mars, dans la soirée à Paris. Le chauffeur arrive mais refuse de prendre un passager à l’avant, ce qui est pourtant prévu dans le prix de la course qui peut s’effectuer pour une à quatre personnes. Motif du refus: la crainte d’une contagion au covid-19. Il finira finalement par accepter le groupe d’amis à bord, conscient que le passager avant n’est finalement pas plus dangereux potentiellement que ceux installés à l’arrière.

Des conseils aux chauffeurs et aux passagers

Contacté, Uber nous a expliqué avoir bien communiqué auprès des chauffeurs et coursiers Uber Eats sur cette épidémie, en transmettant les recommandations des autorités de santé publique. Sur une page de son site internet, on retrouve en effet une liste de conseils, mais aucun n'indique que le nombre de passagers serait désormais plus limité qu’en temps normal.

"Comme toujours, si vous préférez ne pas prendre en charge un passager pour des raisons de sécurité, vous pouvez choisir de refuser ou d'annuler la course", écrit toutefois Uber.

Si on pense bien sûr au cas "plutôt classique" du passager ivre, agressif (ou d’autre indice qui laisse présager une course qui ne se passerait pas dans les meilleures conditions), que se passerait-il si une personne se présentait devant le véhicule en toussant, sans précaution particulière, et avec de la fièvre?

En appliquant la même règle que pour les taxis, le site Droit-finances indique qu’une prise en charge peut notamment être refusée "si le passager pose des problèmes d'hygiène ou d'ébriété". En cas de litige, le chauffeur devrait donc a priori justifier que le passager ne garantissait pas sa propre sécurité.

Le refus de certaines nationalités reste interdit

"La discrimination basée sur l'origine ethnique ou la nationalité d'un individu constitue toutefois une violation de la Charte de la communauté Uber", précise également le géant des VTC, anticipant d’éventuels refus de clients chinois ou italiens par exemple, sous prétexte que leurs pays sont les principaux touchés par le virus.

Une autre société de VTC, Kapten a également transmis une série de recommandations aux chauffeurs et aux passagers:

"Si vous partagez un trajet en voiture, bien que le risque de contagion soit faible, nous pouvons vous recommander d’aérer régulièrement l’habitacle et de désinfecter avec du spray les points de contacts comme les portières ou les ceintures. Enfin, il est recommandé de ne pas toucher ou utiliser le téléphone d’une autre personne".

Un virucide certifié pour détruire le coronavirus

Pour ceux qui souhaitent un nettoyage plus poussé de l'intérieur de leur véhicule, certains spécialistes du lavage automobile ont pris les devants. Chez Cosméticar (80 agences en France), on met en avant "un désinfectant virucide qui permet de détruire le virus coronavirus, analysé et certifié par un laboratoire indépendant".

Ce produit était déjà proposé auparavant mais l'entreprise a voulu vérifier qu'il était bien efficace pour éliminer le covid-19, nous a expliqué une porte-parole de l'entreprise. Une initiative motivée par une forte demande depuis quelques semaines, surtout de la part de professionnels, taxis, loueurs ou encore les sociétés d’autopartage. Si les particuliers sont moins nombreux à en faire la demande, il faut compter 35 euros pour l'application de ce virucide. L'entreprise en profite d'ailleurs pour rappeler que la voiture reste "un véritable nid de germes potentiellement dangereux pour l’organisme". Un volant contiendrait à lui seul 800 bactéries par cm2... 10 fois plus que la lunette des toilettes.

Chez American Car Wash, qui dispose d'un centre de lavage dans le XVe arrondissement de Paris (et 28 au total en France), on peut aussi appliquer un traitement spécifique pour 50 euros. Le produit désinfectant est utilisé par une société d'ambulance de la capitale, qui a accepté d'en fournir au centre de lavage. Hormis une flotte de véhicules d'entreprises, le centre de lavage parisien reste pour le moment assez surpris de la faible demande liée au coronavirus. Même si la donne pourrait bien sûr changer dans les prochains jours.

Si les particuliers ne sont pas vraiment concernés, les professionnels pourraient en effet de plus en plus faire appel à des traitements spécifiques pour réduire le risque de contagion.

Les loueurs et l'autopartage mobilisés

Ce serait notamment le cas chez Europcar, un employé d'une agence parisienne nous ayant assuré que les véhicules étaient davantage nettoyés que d'ordinaire. 

Parmi les principaux loueurs de voitures, Avis communique de manière visible sur ce sujet, avec une page dédiée "covid-19" mise en avant sur son site officiel. L'entreprise y précise notamment que la location de voitures reste possible dans toutes ses agences en Italie et que des nettoyages spécifiques sont mis en place dans le réseau et à bord des véhicules.

Dans l'autopartage, la question de l'hygiène se pose également, comme nous a confirmé un porte-parole de ShareNow (qui réunit depuis peu les services DriveNow et Car2Go):

“Nous avons pris les précautions majeures nécessaires dans le contexte du coronavirus. Nos véhicules sont régulièrement aseptisés par un prestataire spécialement mandaté. Tout le personnel de service est sensibilisé sur le sujet et accorde une attention particulière à la stérilisation complète de l’habitacle, en particulier du volant et du levier de vitesse. Ce travail est effectué en addition du nettoyage régulier des véhicules afin de maintenir un service de qualité et des voitures assainies plus fréquemment.”

De quoi rassurer les utilisateurs au moment où le renforcement des mesures de précaution pourrait réduire la possibilité d'emprunter les transports en commun, et donc encourager le recours aux VTC, taxis, loueurs ou encore l'autopartage.

Julien Bonnet