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Stationnement à Paris: les loueurs de voitures obligés de payer les amendes de leurs clients

Depuis le 1er janvier et la réforme du stationnement, les loueurs de voitures n'ont plus la possibilité à Paris de dénoncer un client qui aurait écopé d'un PV. Contraints de payer à leur place, ils dénoncent un manque à gagner.

La réforme du stationnement n'en finit plus d'accumuler les couacs à Paris. Après les faux contrôles, les contraventions illégales dressées par des agents non-assermentés ou encore la difficulté pour contester son amende, les loueurs font aussi les frais de la nouvelle réglementation à Paris.

Depuis le 1er janvier, ils sont désormais contraints de payer les FPS (forfait post-stationnement, ex-PV) de leurs clients à cause de la nouvelle procédure.

"Sur la partie PV, avant vous aviez une requête en exonération. Vous êtes loueurs, vous cochiez 'cas numéro 2' et vous dénoncez la personne qui était au volant à ce moment-là. Maintenant sur le FPS, il n'y a pas de requête en exonération, vous avez juste le droit de payer", s'agace Arnaud Herlory, gérant d'une société de location. 

Des frais supportés à la place des clients

Résultat, sur les 4 derniers FPS reçus à son agence, ce loueur a dû supporter une partie des frais à la place de ses clients.

"Il y en a un que j'ai pu retrouver donc pas de problème. Mais il y en a trois à 33 euros que je ne peux pas poursuivre, je ne peux même pas appeler, je n'ai pas de caution pour me payer. Donc ça fait 99 euros qui sont en moins dans le chiffre d'affaires et surtout en moins dans la trésorerie", poursuit ce loueur. 

Multipliée par le nombre de clients et le nombre de voitures, la note peut s'avérer salée, d'autant qu'un automobiliste peut accumuler plusieurs FPS par jour. Certaines sociétés ont décidé de saisir un avocat.

"Mes clients, comme ce sont des petites entreprises ou de moyennes entreprises, ça a un impact énorme sur leur chiffre d'affaires. Ils sont en péril et ils sont à deux doigts de déposer le bilan", explique Me Alexandra Peyron.

Plusieurs avocats ont dénoncé cette situation auprès de la mairie de Paris sans avoir reçu de réponse pour l'instant.

C. B avec Florian Chevallay