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Problèmes logistiques, industriels, rappel... Citroën peine à livrer l'AMI

Citroën explore une nouvelle facette de la mobilité électrique avec l'AMI, une petite voiture 100% électrique et surtout sans permis.

Citroën explore une nouvelle facette de la mobilité électrique avec l'AMI, une petite voiture 100% électrique et surtout sans permis. - Théo Grabilloux

Citroën a lancé cette année sa première voiture sans permis 100% électrique. Mais des retards de livraison et des soucis techniques entâchent son début de carrière.

Pas facile de lancer un nouveau modèle par temps de covid-19. Citroën peut en témoigner avec son ovni automobile, l'AMI, une voiturette sans permis, 100% électrique et vendue à partir de 6900 euros, un modèle qui explore de nouveaux horizons pour la marque aux chevrons.

Un succès plus important que prévu?

Lancée en début d'année, l'AMI a semble-t-il séduit le public, avec un effet nouveauté mais également une tendance plus globale en France d'attrait pour la voiture sans permis, qui peuvent se conduire dès 14 ans. Mais dans le contexte de pandémie mondiale, tout ne s'est pas vraiment passé comme prévu.

Des retards de livraison mais aussi des défauts de fabrication ont en effet rapidement été constatés par de nombreux clients, comme l'indique un article d'Automobile Propre. Pour se justifier, Citroën se dit notamment surpris du succès rencontré par ce modèle, avec 2400 voiturettes commandées depuis son lancement et l'ouverture des commandes le 27 avril, à la fin du premier confinement.

Sans surprise, le véhicule séduirait surtout les moins de 18 ans et les jeunes adultes. Des commandes qui se font à 60% au sein du réseau classique de ses concessionnaires. Mais aussi via des modes de distribution innovants. L'AMI est ainsi vendue par le réseau Fnac et Darty, qui comptabilise environ 12% des ventes depuis le lancement. La voiturette est aussi intégrée à la flotte Free2Move, le service de véhicules en autopartage proposés par PSA.

Des soucis industriels et logistiques

En mai, avec le premier déconfinement, Citroën indique avoir honoré 500 commandes. Mais la situation sanitaire s'est dégradée progressivement, notamment au Maroc et en particulier dans la région où est produite l'AMI. L'usine PSA de Kénitra a ainsi rencontré "des problèmes industriels", nous explique-t-on chez Citroën. Compliqué dans ces conditions de satisfaire une demande plus importante que prévu avec un outil de production qui n'était pas dimensionné pour de tels volumes. La découverte de défauts de fabrication, notamment au niveau du frein à main, n'a pas non plus simplifié les choses.

Sorties d'usines, les AMI devaient encore rejoindre leurs clients de l'autre côté de la Méditerranée. Là-aussi, le coronavirus a compliqué les choses avec un flux logistique pénalisé par le trafic maritime réduit, explique Citroën, qui se veut toutefois rassurant sur la situation actuelle.

Bon espoir pour la fin d'année

L'usine de Kénitra aurait ainsi repris un rythme de production normal, de quoi permettre aux clients qui attendent leur véhicule depuis longtemps de s'attendre à une livraison avant la fin de l'année. Citroën assure tout faire actuellement pour livrer entre 10 et 20 véhicules par jour mais ne donne pas plus de détails sur le nombre de livraisons encore en attente.

Des efforts qui devront être à la hauteur de la grogne qui monte chez certains clients. Un groupe Facebook, "Citroën AMI: problèmes de livraisons & autres", avec un peu plus de 300 membres enregistrés mi-novembre, a par exemple été créé. De quoi constater des délais beaucoup plus importants que les deux mois évoqués par la marque française. Certains membres de ce groupe ont ainsi commandé leur véhicule en mai ou en juin et viennent à peine d'être livrées ou sont encore en attente.

Une communauté naissante à bichonner

Citroën prévoit des compensations pour ses clients les plus touchés. Des bons d'achat de 100 euros pour des accessoires de la gamme AMI ont ainsi été distribués à ceux qui ont reçu leur carte grise depuis un moment, et payent donc l'assurance sans avoir encore le véhicule à disposition. Une enceinte connectée d'une valeur de 149 euros, qui fait partie des accessoires en options proposées avec l'AMI, a également été offerte en compensation.

Des gestes qui semblent appréciés par les membres du groupe Facebook évoqué un peu plus tôt. Et Citroën aurait tort de ne pas s'en préoccuper. A l'image de ce qu'on peut observer déjà sur les voitures électriques, la communauté des utilisateurs fera en effet beaucoup sur l'image, et donc le succès potentiel, de ce véhicule novateur.

Malgré son intitulé "problèmes de livraisons & autres", et les nombreuses plaintes d'utilisateurs au niveau des retards de livraisons et du manque de communication de la marque, certains membres n'hésitent pas à partager leur première expérience, plutôt positive, avec des vidéos de collage des stickers prévus pour la personnalisation et d'installation des accessoires.

Un message posté le 6 novembre par une cliente résume plutôt bien la situation actuelle: "Ca y est! Commandée en mai et reçue aujourd'hui. Elle est très sympa. Ne perdez pas espoir!", écrit-elle avec une photo de son AMI bien "stickée" et visiblement prête à prendre la route.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto