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Pourquoi Uber veut inventer des vélos et trottinettes autonomes

Après les voitures, les avions et les camions, Uber planche sur des vélos et des trottinettes autonomes.

Après les voitures, les avions et les camions, Uber planche sur des vélos et des trottinettes autonomes. - Uber

Uber travaille sur des vélos et des trottinettes autonomes qui iront à la rencontre des utilisateurs et pourront se rendre sur des stations de recharge tout seuls.

Demain, les vélos et les trottinettes pourront-ils se déplacer sans humains au guidon? L’idée peut sembler loufoque, mais elle est étudiée de près par Uber qui a lancé son service Jump aux Etats-Unis et à Berlin et s'apprête d'ici peu à se lancer à Paris.

Le groupe a créé pour cela une nouvelle filiale, Micromobility Robotics, qui dispose d’un budget d’un milliard de dollars. Cette entité recrute une équipe d’ingénieurs chargée de mettre au point ces engins selon un tweet de Chris Anderson, PDG de 3D Robotics repéré par TechCrunch. Selon l'annonce, leur travail consistera à "améliorer la sécurité, l’expérience du conducteur et l’efficacité opérationnelle des vélos et trottinettes électriques partagés grâce à des technologies de détection et de robotique.

Mais l’idée n'est pas de proposer aux utilisateurs de lire un livre ou de regarder une vidéo pendant leur trajet. Il s'agit d’améliorer le service en rendant ces appareils plus accessibles et toujours fonctionnels. Entre deux courses, ils se rendront d’eux même sur une aire de stationnement ou à la rencontre des clients.

Robotiser la chaîne logistique

Comme l’explique à Forbes Tarani Duncan, stratège en mobilité pour Micromobility Robotics, cette logistique est le nerf de la guerre pour améliorer le service, attirer les clients et gagner des parts de marché dans un secteur de plus en plus concurrentiel. "Il est essentiel que les trottinettes ou les vélos soient à proximité lorsque les gens en ont besoin", a déclaré cette jeune ingénieure.

Tarani Duncan a développé un logiciel pour aider les équipes à récupérer les engins à charger ou à réparer, mais aussi à les déplacer aux endroits où la demande est la plus forte. Il a déjà permis d’améliorer le service de 334% par rapport à la moyenne américaine.

Mais, pour le moment l’usager se déplace pour rejoindre le deux-roues qu'il a détecté via son smartphone. Le but est d'en fournir à quelques pas de lui où qu'il se trouve. "C'est compliqué car la demande se déplace tout au long de la journée". Une armée de personnes est donc indispensable pour assurer cette logistique. En devenant autonomes, vélos et trottinettes se rendront sans humain à l’endroit où il faut pour attendre un nouveau client ou recharger leurs batteries.

Uber Jump
Uber Jump © Uber

Reste que si techniquement cela sera bientôt possible, l’aspect juridique pose question. Sera-t-il permis de laisser circuler des vélos ou des trottinettes sans personne à bord? Comment le code de la route va les intégrer dans la circulation? Quelle responsabilité en cas d’accident?

A Paris, les trottinettes pourraient être interdites sur les trottoirs où elles provoquent des accidents. Actuellement, pas de loi mais une tolérance qui permet de rouler à moins de 6 km/h sur les trottoirs et moins de 25 km/h sur route. Récemment, un homme en trottinette a été vu en train de rouler à 85 km/h sur une autoroute d'Île-de-France.

La loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit d’encadrer les engins en libre-service. Mais difficile d’imaginer qu’elle évoquera le cas des vélos et trottinettes sans pilote.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco