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Pourquoi les citadins aimeraient voir encore moins de voitures dans leurs rues

Les citadins des grandes agglomérations veulent encore moins de voitures dans les rues selon un sondage Ifop

Les citadins des grandes agglomérations veulent encore moins de voitures dans les rues selon un sondage Ifop - Christophe ARCHAMBAULT

62% des habitants des grandes villes de France souhaitent que leur municipalité adopte des mesures limitant la circulation automobile. Mais paradoxalement, ils ne sont pas vraiment anti-voiture.

Jamais contents, ou plutôt jamais d'accord. C'est un peu l'attitude des Français dès que l'on parle de mobilité en ville. C'est ce qui ressort de ce sondage Ifop réalisé pour le site Caroom* à l'occasion de la journée sans voiture, qui se tient ce dimanche à Paris.

Plus de six habitants sur dix qui vivent dans 40 villes françaises de plus de 100.000 habitants souhaitent voir leur municipalité adopter des mesures restreignant encore la circulation des voitures.

Une majorité de citadins pour une présence réduite de la voiture en ville

Sur l'ensemble du pays, la répartition entre les pro et les anti se montre assez équilibrée avec respectivement 51% de pro et 49% d'anti. Mais dans les agglomérations de plus de 100.000 habitants, 62% des citadins acceptent le principe de fermer les centres villes aux automobiles. Les citadins ne regrettent pas cette évolution et voudraient aller encore plus loin.

Sondage mobilité d'Ifop pour Caroom
Sondage mobilité d'Ifop pour Caroom © Ifop Caroom

Sur ce point, quel que soit leur bord politique, une majorité s'accorde et cette position dépasse les clivages. Si les proches d'EELV sont 95% à souhaiter poursuivre la réduction des voitures en ville, ceux du PS sont 75% et 69% pour LaREM.

Cette attitude se retrouve-t-elle dans les intentions d'achat d'une automobile? Oui et non. En effet, 52% des citadins ne veulent "pas du tout" faire l'acquisition d'une voiture. Seulement 36% prévoient un achat à court ou moyen terme.

Sondage Ifop pour Caroom
Sondage Ifop pour Caroom © Infop Caroom

Mais les raisons invoquées pour ne pas investir sont prioritairement économiques avant d'être écologiques. Il y a d'abord le prix (64%), puis le coût de l’entretien et l’assurance (46%) et le budget du carburant (41%). Ensuite les difficultés de stationnement (36%) qui résultent du fait de décourager les automobilistes dans les villes.

L'impact sur l'environnement est bien évoqué, mais il n'arrive qu'en avant-dernière position (32%), juste avant les risques d’accident (22%).

D'ailleurs, des mesures de primes à la conversion inciteraient une majorité à s'offrir une voiture moins polluante. En tête, les possesseurs de deux roues motorisés (81%), les moins de 35 ans (61%), puis enfin les foyers modestes (60%).

Sondage mobilité Ifop Caroom
Sondage mobilité Ifop Caroom © Ifop Caroom

En attendant, les citadins s'en accomodent. Pour leurs déplacements quotidiens, le mode de transport le plus utilisé est le bus (33%) devant la marche (17%) et le vélo (15%). Mais ces deux derniers modes ont beaucoup progressé en 5 ans. En 2015, la marche était à 6% et le vélo à 5% soit une progression de 300%.

Quant aux quatre roues à moteur (voiture, camion ou fourgonnette), la baisse est significative. Entre 2015 et 2020, ces modes ont fortement reculé passant de 44% à 29%. Les citadins s'en réjouissent, mais admettent que cette évolution a un prix.

* Sondage réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 16 septembre 2020 auprès d'un échantillon de 1017 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine, et d'un échantillon de 1031 personnes, représentatif de la population vivant dans les villes de 100 000 habitants et plus.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco