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À Paris, les diesels récents dépassent les normes de pollution 

Selon une étude publiée ce mardi, les nouvelles voitures diesel, ayant la vignette Crit'Air 2, aggravent les pics de pollution, notamment lors de vagues de chaleur.

Les voitures diesel les plus récentes, notamment celles immatriculées après 2014 (Euro 6), émettent trop d'oxydes d'azote, avec des taux dépassant les normes établies par l'Union européenne, selon une étude du conseil international pour un transport propre (ICCT), publiée ce mardi. Cette ONG était déjà à l'origine des révélations sur le dieselgate, scandale qui éclabousse depuis 2015 des géants du secteur automobile accusés d'avoir dissimulé le niveau réel de la pollution aux oxydes d'azote (NOx). 

Pendant vingt jours, du 18 juin au 16 juillet 2018, l'organisme a lancé une vaste campagne de données dans les rues de Paris. Au total, plus de 5.000 mesures ont été faites par jour, en plein milieu de la circulation, et 180.000 ont été validées. Il s'agit d'un procédé inédit: l'ensemble des tests se pratiquant habituellement en laboratoire et non dans des conditions de circulation réelles.

Des véhicules Crit'Air 2 trop polluants

Premier constat: 64% des véhicules qui roulent dans la capitale sont des diesels et 28% sont immatriculés après 2014. Or, selon l'étude, loin d'être propres, ces derniers émettent six fois plus de dioxydes d'azote que la norme d'homologation établie par l'Union européenne et 4.8 fois plus que les voitures à essence récentes. 

Alors qu'ils doivent être interdits en 2024, la mairie de Paris, qui a collaboré à l'étude, voit dans ces résultats un argument de plus vers la fin des diesels dans la capitale. 

"L'étude valide notre stratégie de sortie progressive du diesel en 2024: le diesel propre n'existe pas! Elle nous conforte aussi dans notre opposition au projet du ministère de l’économie de requalifier les diesels récents en Crit’Air1", a ainsi réagi sur Twitter Christophe Najdoski, adjoint aux transports pour la mairie de Paris.

Interdire ces véhicules en période de pic de pollution

Deuxième découverte de cette étude: lorsque la température extérieure dépasse 30°C, les diesels Euro 6 recrachent 20 à 30% de plus d'oxydes d'azote que lorsque le mercure affiche une température allant de 20°C à 30°C. Ces véhicules participent donc activement à la formation d'ozone lors de vagues de chaleur. Or, ils bénéficient à Paris de la vignette Crit'Air 2. Ils peuvent donc circuler lors des pics de pollution et en cas de circulation différenciée.

"Lors de pics de pollution à l’ozone, il faudrait donc inclure les Crit'Air 2 dans les interdictions de circulation afin de lutter plus efficacement contre la formation de l’ozone. Et interdire la circulation des véhicules particuliers diesel en cas de pic de chaleur", poursuit l'adjoint aux transports.

Les deux roues moins propres que les véhicules essence 

Enfin, les niveaux d'émissions de dioxydes d'azote des motos et trois roues sont très souvent supérieures aux véhicules particuliers. Les mesures de l’ICCT montrent en effet que les motos et scooters recrachent jusqu’à six fois plus de NOx que les voitures essence les plus récentes.

"En conclusion, cette étude nous engage collectivement à aller plus loin dans la lutte contre la pollution liée au trafic routier. Pour rappel, à Paris et dans la métropole, la pollution liée au trafic routier est responsable de 1.100 morts prématurées chaque année", conclut Christophe Najdovski.
Cyrielle Cabot