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Dieselgate: où en est-on en France?

Trois ans après les révélations sur l'affaire des moteurs truqués par Volkswagen et d'autres constructeurs pour passer les normes d'homologation, les ventes de diesel ont fortement chuté. Les propriétaires de véhicules concernés peuvent s'attendre à recevoir un remboursement ou des dommages et intérêts.

Près de trois ans après le début du scandale du Dieselgate, l'affaire continue de secouer la planète automobile. Si Volkswagen a été le premier à être identifié, de nombreux constructeurs ont depuis été soupçonné d'avoir également truquer leurs moteurs pour passer les normes d'homologation. 

Après avoir écopé de lourdes amendes aux Etats-Unis, la justice allemande vient d'ajouter 1 milliard d'euros à une facture déjà salée. Et les autres constructeurs sont aussi concernés avec la multiplication des enquêtes et un rappel de 774.000 véhicules du groupe Daimler exigé par le ministère des Transports outre-Rhin. 

Et pour les particuliers?

Si certains clients américains ont déjà été indemnisés, avec comme conséquence d'impressionnants cimetières de véhicules aux Etats-Unis, ce n'est pas encore vraiment le cas en Europe. Récemment, une Autrichienne a tout de même pu obtenir le remboursement "plus qu'intégral" de sa Volkswagen Golf achetée en 2012. En Europe, de nombreuses procédures judiciaires sont actuellement en cours, notamment en France ou en Allemagne. Et des clients pourraient eux aussi obtenir gain de cause.

"Volkswagen et l’ensemble des autres constructeurs de véhicules vont être obligés de dire qu’ils ont commis des fautes : ils ont trompé de façon générale les consommateurs et acheteurs de voitures et ils vont être obligés bien évidemment, éventuellement de rembourser ou en tout cas de donner des dommages et intérêts qui sont particulièrement lourds", explique Jean-Baptiste Iosca, avocat en droit routier, interrogé par BFM TV.

Mais la véritable sanction pour le moment, c'est la chute des ventes de diesel. Depuis le début de l'affaire Volkswagen, les ventes de véhicules roulant au gazole ont baissé en France, passant de 70% du marché à seulement 40%.

Une conséquence également du relèvement de la taxe sur ce carburant, en partie compensé par le coup de pouce inattendu de la nouvelle prime à la conversion. Basée, comme le bonus malus, elle encourage en effet les Français à acheter une voiture diesel, en mettant tout de même au rebut un véhicule plus ancien et donc a priori plus polluant.

J.B.