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Paris: le grand retour des bouchons

Avec la fin du deuxième confinement et une pratique moins importante du télétravail, les embouteillages retrouvent ces dernières semaines des niveaux similaires à 2019, dernière année "normale" en Ile-de-France.

Un péripéhérique complètement saturé dans les deux sens de circulation ce mercredi un peu avant 18h, heure du couvre-feu national en vigueur depuis le 16 janvier. C'est l'image qui reflète une réalité compliquée pour de nombreux automobilistes: le retour des bouchons en Ile-de-France comme "avant".

La courbe Sytadin, qui évalue le cumul des bouchons sur les principaux axes franciliens, a ainsi décollé ce mercredi en fin de journée. Entre 17 et 18h, la courbe du trafic en temps réel a largement dépassé la valeur moyenne, avec un pic à 350 kilomètres de bouchons cumulés, apparu d'ailleurs au moment où s'appliquait le couvre-feu. Ce qui confirmerait un effet d'engorgement provoqué directement par cette mesure controversée, provoquant un afflux dans les magasins et donc sur la route à la sortie des courses et du travail.

Couvre-feu et réaménagements urbains

D'autres plateformes qui suivent le trafic en temps réel, comme Bison Futé, TomTom ou Waze; ont confirmé à BFM Paris ce retour des bouchons aux heures de pointe.

"Nous constatons un retour à des niveaux de trafic habituels pour l'Ile-de-France depuis la rentrée de janvier, explique à BFM Paris la Direction des routes d'Île-de-France (DRIEA/DiRIF). Sur les autoroutes A6a, A1 et A4, dans le sens de la province vers Paris, [nous avons] constaté le matin une hausse des trafics en 2021 par rapport aux deux années précédentes et une tendance à la baisse le soir (excepté sur l'A1)".

L'analyse est à peu près la même au sujet de l'A86. "Au nord de Paris, on note de fortes hausses de volume de trafic le matin et le soir dans les deux sens de circulation, poursuit la DRIEA/DiRIF. Au sud de Paris, le trafic est stable, voire en hausse le matin, en légère baisse le soir depuis le passage du couvre feu à 18h".

Explications: une pratique moins régulière du télétravail depuis la fin du deuxième confinement mais également une modification des habitudes de circulation, avec les transformations provisoires (type coronapistes) ou permanentes de la voirie, avec une réduction de la place accordée à la voiture conduisent à un engorgement important des routes.

Certaines voies ont été fermées. On a beaucoup parlé de la rue de Rivoli à Paris, le trafic s'est évidemment reporté sur le reste des routes périphériques, parfois sur des routes qui sont réduites de deux voies à une, l'engorgement se fait alors plus rapidement", analyse Vincent Martinier, directeur marketing de TomTom.

Les données de ce spécialiste du GPS sont formelles: les courbes de congestion montrent que le mois janvier 2021 est similaire aux mois de janvier des deux années précédentes.

Avec le couvre feu à 18h, on observe toutefois une plus forte concentration de bouchons entre 17h et 18h. Le pic du trafic chute ensuite d’un coup après cet horaire, alors qu’en 2019 et 2020, un trafic congestionné continuait de s’étaler jusqu’à environ 21h. 

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto