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Un trafic routier en chute libre en Europe en 2020 (et encore plus en Amérique du Nord)

Des forces de l'ordre en train de contrôler un individu en scooter à Paris au premier jour du confinement au moins de mars 2020.

Des forces de l'ordre en train de contrôler un individu en scooter à Paris au premier jour du confinement au moins de mars 2020. - Joël Saget - AGP

En France, les bouchons ont diminué de 21% aux heures de pointe sur l'ensemble de l'année, d'après le TomTom Traffic Index 2020. Mais c'est en Amérique du Nord que la chute est la plus spectaculaire, avec un recul de 40% des embouteillages.

C'est une année logiquement très particulière qui vient de se finir sur les routes du monde entier. Les confinements et autres mesures sanitaires pour faire face à la pandémie de covid-19 ont logiquement eu comme conséquence de faire baisser le niveau de congestion dans les principales villes du monde, indique le TomTom Traffic Index 2020.

On a pu constater une chute des indices comme on ne l'avait jamais encore observée depuis la création de cet index il y a 10 ans, explique Vincent Martinier, directeur marketing de TomTom. Chaque année, nous constations des hausses régulières des bouchons, entre 2 et 3% chaque année, mais en 2020, ce taux de congestion mondial a baissé de 19% et de 26% aux heures de pointe".

Sur l'ensemble de l'année, TomTom a ainsi relevé un taux de congestion (qui permet d'évaluer le temps perdu dans les bouchons) en baisse dans 387 villes dans le monde et qui a augmenté dans seulement 13 villes. Une inversion complète par rapport à 2019, où l'étude dénombrait un trafic en hausse dans 239 villes et en baisse dans 63 d'entre elles.

Les 13 villes où le trafic a augmenté en 2020 se trouvent dans des pays où la pandémie a été plutôt bien maîtrisée, n'occasionnant pas de fortes restrictions de déplacement: 4 à Taïwan et 2 en Nouvelle-Zélande.

Le 29 octobre, jour le plus embouteillé à Paris

En France, l'étude révèle une baisse de 14% des bouchons et de 21% aux heures de pointe, assez proche de la moyenne européenne.

Paris a conservé son titre de ville la plus embouteillée de France, se classant 42e au niveau mondial. L'année a en effet mal débuté avec la grève des transports, qui avait entraîné un taux de congestion de 45% en janvier (on mettait en moyenne 45% de temps en plus pour effectuer un trajet donné), en hausse de 32% par rapport à janvier 2019.

Le confinement a ensuite frappé la France à partir du 17 mars. Dans la capitale, TomTom a ainsi constaté des hausses historiques de la vitesse moyenne à l'heure de pointe du matin par rapport à 2019: +73% en avril, +44% en mai ou encore +41% en novembre, avec le deuxième confinement.

C'est d'ailleurs à la veille de ce deuxième confinement que 23 villes françaises ont connu leur jour le plus noir. A Paris, ce 29 octobre, TomTom a ainsi relevé un pic de son taux de congestion à 142%: il fallait multiplier son temps de parcours par quasiment deux fois et demi en moyenne! En région parisienne, 2160 kilomètres de bouchons ont ainsi été constatés. Un chiffre qui peut surprendre car TomTom mesure les embouteillages sur un plus grand nombre d'axes routiers que Sytadin, le service proposé par la Direction des routes en Ile-de-France (DiRIF) qui fait en général référence pour revenir sur ces épisodes.

Une baisse encore plus marquée en Amérique du Nord

Aux Etats-Unis et au Canada, la baisse du trafic est encore plus impressionnante: TomTom a mesuré une chute de 29% en Amérique du Nord et de 40% aux heures de pointe.

Pour Vincent Martinier, certains changements, en particulier au niveau du télétravail se sont maintenus hors des épisodes de confinement alors qu'en France par exemple, le trafic a plus fait du yoyo, illustrant le retour parfois rapide des anciennes habitudes de déplacement.

Cette baisse du trafic représente tout de même une bonne nouvelle dans une année compliquée et morose: cela représente une baisse de la consommation de carburants et donc de la pollution mais aussi du stress que génèrent les embouteillages. Même si certaines villes reprennent vite leurs habitudes, 2020 devrait rester une année charnière dans l'évolution des comportements, dans nos habitudes de travailler et de se déplacer", souligne Vincent Martinier.
https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto