BFM Auto

Essai - Skoda Kodiaq, un gros ours agile et intelligent

Le Skoda Kodiaq, sur les hauteurs de l'île de Majorque.

Le Skoda Kodiaq, sur les hauteurs de l'île de Majorque. - Julien Bonnet

Nous avons essayé le nouveau SUV de Skoda offrant jusqu'à 7 places, le Kodiaq. Avec un niveau de finition soigné et des motorisations et équipements au niveau, il se présente comme un outsider prometteur et polyvalent sur un segment concurrentiel en forte croissance.

Deux mois après un lancement en grande pompe à Berlin, le Skoda Kodiaq était à l'essai pour la presse à Majorque. L'occasion de tester ce que ce véhicule qui emprunte son nom à un ours d'Alaska a dans le ventre... et dans la tête. Alors, plutôt ours pataud ou ours savant ce Kodiaq?

Mais pourquoi le Skoda Kodiaq?

On passera rapidement sur le design extérieur déjà connu (voir notre diaporama), avec ses lignes sobres, rappelant celles de son petit cousin le Seat Ateca. Certains détails lui donnant des allures de SUV premium. La nouvelle calandre avec son effet 3D apporte une touche d'originalité. A l'avant comme à l'arrière, le dessin des feux embellit le regard et l'aspect d'ensemble du Kodiaq, avec une référence à l'industrie du cristal tchèque, pays d'origine de la marque. 

Skoda veut ainsi souligner sa longue et riche histoire alors qu'elle est aujourd'hui une des marques les plus en formes du groupe Volkswagen. En 2015, le constructeur tchèque a fêté ses 120 ans avec une seconde année consécutive à plus d'un million de véhicules vendus. En léger manque de reconnaissance en France, Skoda brille en Europe, fruit de la stratégie du groupe VW depuis le rachat en 1991. En termes de ventes sur le continent, la marque dépasse ainsi aujourd'hui des grands noms du secteur comme Fiat, Citroën ou le leader mondial Toyota.

Avec ce Kodiaq, commercialisé en France à partir du printemps prochain, la marque se trouve ainsi un nouveau champ de bataille pour poursuivre sa progression: c'est en effet son premier grand SUV depuis la sortie du plus petit Yéti, il y a 8 ans. Skoda mise ainsi sur le format star du moment. "Le segment des SUV représente 8 millions de ventes en 2015 et on anticipe 14,5 millions d'unités d'ici 5 ans", indique Christian Strube, directeur en charge du développement technique de la marque. Sur le marché français, Skoda compte conquérir 80% de nouveaux clients.

La calandre avec son effet 3D donne son identité à ce Skoda Kodiaq
La calandre avec son effet 3D donne son identité à ce Skoda Kodiaq © JB

Derrière le volant

Et sur ce terrain de chasse de plus en plus ouvert, les ingénieurs de Skoda ont réussi un joli compromis entre habitabilité et volume d'ensemble. Le Kodiaq ne fait que 4 cm de plus que la berline Octavia et offre pourtant un des plus grands volumes intérieur du marché, grâce notamment à une épaisseur des parois réduite. Une peau fine qui permet de profiter d'une sensation d'espace à bord avec une longueur contenue à 4,70 mètres, entre le nouveau Peugeot 5008 (4,64 mètres), et le dernier Renault Espace, 4,85 mètres. 

Le Kodiaq s'offre également une version 7 places avec la possibilité d'intégrer une troisième rangée de deux sièges. Cette possibilité réduit forcément le volume de coffre mais pourrait séduire des familles nombreuses et des professionnels. D'autant que cette possibilité n'est pas proposée par beaucoup de véhicules sur ce segment des grands SUV, le Nissan X-Trail est un des rares représentants en attendant le nouveau Renault Koleos ou la version XL du nouveau Tiguan. En cinq places, la capacité du coffre est conséquente avec 720 litres et jusqu’à 2065 litres avec la banquette rabattue. Dans cette dernière configuration, on regrette simplement que le fond ne soit pas plat mais on ne peut pas tout avoir.

En version 5 places, le coffre offre un volume de 720 litres.
En version 5 places, le coffre offre un volume de 720 litres. © JB

Côté conduite, sur les routes de montagne de Majorque, le Kodiaq a montré un comportement exemplaire. Même en la brusquant un peu, la boîte automatique DSG7 réagissait plutôt bien. Comme nous n'avons pas eu l'occasion de faire du "off-road", la version deux roues motrices 150 chevaux suffisait amplement pour se faire plaisir. La tonne et demi du Kodiaq circulait avec aisance. En ville, son comportement reste tout aussi dynamique. Certes bien aidé par la caméra de recul et les capteurs de collisions, son gabarit ne s'est pas révélé handicapant lors des manœuvres dans de petites rues.

En ville, le Kodiaq se montre plutôt agile malgré son gabarit. Ici bien aidé par le système de caméra arrière avec vue du dessus.
En ville, le Kodiaq se montre plutôt agile malgré son gabarit. Ici bien aidé par le système de caméra arrière avec vue du dessus. © JB

"LE truc": une "voiture à vivre" 

Chez Skoda, on aime bien mettre en avant les technologies "Simply Clever". Sur le Kodiaq, on retrouve ainsi une bonne partie de ces idées "simplement intelligentes", avec notamment une option proposant un range-parapluie dans chacune des portières à l'avant. Une astuce que l'on retrouve notamment chez un certain... Rolls-Royce, dans une autre dimension niveau budget!

La marque tchèque propose également un système de protection pour les arrêtes de portières. A l'ouverture, une protection en plastique se déploie automatiquement pour éviter les dégâts sur cette partie sensible du véhicule ou pour les véhicules garés un peu trop près sur un parking. Pour un trajet plus confortable, les passagers peuvent également profiter d'un "pack voyage" comprenant des couvertures et des appuie/cale-tête permettant de faciliter la sieste embarquée.

Intégré à la portière, un range parapluie est proposé en option. Sur le côté, on peut également voir le protège arrêtes de portière qui se déploie automatiquement à l'ouverture.
Intégré à la portière, un range parapluie est proposé en option. Sur le côté, on peut également voir le protège arrêtes de portière qui se déploie automatiquement à l'ouverture. © JB

Le chiffre: 24.950 euros, son prix d'entrée

Avec un prix d'entrée affiché à 24.950 euros pour la version équipée du 1.4 TSI de 125 chevaux en boîte manuelle, le Kodiaq se montre particulièrement compétitif, surtout compte tenu du niveau de qualité perçu. Toujours en essence, l'offre est complétée par le TSI de 150 chevaux (à partir de 30.670 euros). Le premier prix en diesel reste aussi dans les cordes avec le 2.0 TDI de 150 ch et boîte BMV6 à partir de 32.050 euros en version 4x4. Soit 3.000 euros de moins que le VW Tiguan dans la même configuration. 

Skoda anticipe que la demande se concentrera sur ce même moteur mais associé à la boîte auto DSG7 et en deux roues motrices (notre modèle essayé, qui représente en effet un bon compromis prix-puissance-équipements). Une version Sportline devrait être proposée dès la première année de commercialisation. Une version hybride voire 100% électrique pourrait également être proposée à l'occasion de son premier restylage, courant 2019.

Le Skoda Kodiaq dispose aussi d'une capacité de tractage jusqu'à 2,5 tonnes.
Le Skoda Kodiaq dispose aussi d'une capacité de tractage jusqu'à 2,5 tonnes. © JB

Le modèle de notre essai: 2.0 TDI de 150 chevaux associé à la boîte automatique DSG7, finition Style (la plus élevée), à partir de 38.450 euros

Julien Bonnet