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Essai - Renault Twingo GT, petite mais costaude

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Sur la 3e génération de la Twingo, la version la plus punchy se nomme "GT". Développée par le département Renault Sport, la Twingo GT se présente plus comme un joujou urbain que comme une descendante directe de la Renault 5 turbo.

La Twingo GT, c’est petit mais costaud. C’est en tout cas ainsi que Renault présente la plus puissante version de sa citadine. Déjà disponible en concession, au tarif unique de 17.000 euros (nous en reparlerons), cette Twingo "masculine" (comme la présente Renault, quand la majorité des Twingo sont commandées par des conductrices, Renault compte gagner des clients en rééquilibrant la balance des sexes grâce à la GT) n’est pas pour autant une concurrente directe de l’Abarth 500, la référence en matière de bombinettes, ni une descendante poste pour poste de la précédente Twingo RS de 133 chevaux.

Avec 110 chevaux sous le capot, la Twingo GT est aujourd'hui la Twingo la plus puissante de la gamme.
Avec 110 chevaux sous le capot, la Twingo GT est aujourd'hui la Twingo la plus puissante de la gamme. © P. Ducamp - BFMTV.com

Une sportive du quotidien

"La philosophie de la GT est d’être une voiture du quotidien, sans avoir la prétention d’aller sur circuit, ce qui était plus la philosophie de la Twingo RS", résume ainsi Benjamin Manceau, chef de projet Twingo/Clio chez Renault Sport.

Les accélérations fulgurantes au feu rouge, pour dépasser un camion délicat boulevard Malesherbes à Paris, oui, pousser la bombinette au ratio de 8,5 kg/cheval sur circuit le week-end, non. L’ESP déconnectable et la roll-cage ne sont pas au nombre des options, le système d’infotainment et les sièges chauffants si.

La Twingo GT n’usurpe cependant pas son badge "Renault Sport", là où la Twingo Gordini, exactement au même tarif, relevait du scandale. La cible client est simplement différente: Renault espère vendre la citadine à de jeunes urbains, qui veulent s’amuser à 40km/h dans les bouchons, rouler de temps en temps les week-ends, mais certainement pas faire des donuts sur les grands boulevards. A 17.000 euros, ont-ils les moyens de se l’offrir (nous en reparlerons, bis)?

La double sortie d'échappement, le badge Renault Sport, ou encore les jantes 17 pouces permettent de reconnaître cette Twingo GT.
La double sortie d'échappement, le badge Renault Sport, ou encore les jantes 17 pouces permettent de reconnaître cette Twingo GT. © P. Ducamp - BFMTV.com

Des chevaux et du couple en plus

Au démarrage, la citadine vrombit un peu plus que d’ordinaire et le trois-cylindres poussé à 110 chevaux se fait sentir à l’arrière, à chaque accélération. Renault Sport a en effet ajouté 20 chevaux sur le petit bloc de 898 cm3, revu le débit de la pompe à carburant, affermi les liaisons au sol de 40% et installé une direction à démultiplication variable. Derrière ce nom étrange se cache en fait une direction assistée plus précise à haute vitesse (bon sur la Twingo GT, on pense à la conduite sur autoroute).

Renault Sport a retravaillé sur son site des Ullys la petite citadine: châssis, moteur...
Renault Sport a retravaillé sur son site des Ullys la petite citadine: châssis, moteur... © P. Ducamp - BFMTV.com

L’ESP (non-déconnectable) a lui aussi été revu, pour offrir une plus grande motricité, chez Renault Sport, aux Ullis (Yvelines). Le département sportif fonctionne comme une entité à part, même s'il n’est pas exempt des critères de rentabilité très stricts de Renault. Ce qui implique par exemple que financièrement, Renault Sport ne puisse installer un V6 dans la Twingo (comme sur le concept TwinRun), mais pousse le moteur trois-cylindres de celle-ci à 110 chevaux, et non à 150 chevaux, comme le demanderait une véritable concurrente de l’Abarth. C’est aussi grâce à cette équation que la Twingo GT est commercialisée à un prix inférieur aux Opel Adam Rock ou Fiat 500 105 chevaux.

Le moteur 110 chevaux doit surtout son existence au partenariat Renault-Daimler. Si Smart a souhaité une version sportive de la Fortwo, Renault a pu faire passer la pilule de la GT. Mais parce que les Allemands ont voulu un moteur arrière, Renault a inséré aux forceps le petit trois-cylindres dans la Twingo: au-delà des 110 chevaux, difficile tout simplement de le refroidir.

La couleur orange est le signe esthétique distinctif de la Twingo GT, soit en détail, soit en teinte principale de carrosserie.
La couleur orange est le signe esthétique distinctif de la Twingo GT, soit en détail, soit en teinte principale de carrosserie. © P.Ducamp - BFMTV.com

"LE Truc": le rayon de braquage de 4,30m

Les 110 chevaux, mais surtout les 170Nm de couple de la Twingo GT se font bien sentir, même si la boite très courte a parfois quelques soubresauts. On aimerait un petit peu plus de dureté dans les suspensions. Mais en dehors de ces petits détails histoire de pinailler, dans les rues de Paris, la Twingo joue d’agilité, le rayon de braquage de 4,30 mètres permet de pallier aux petites farces du GPS et de slalomer entre les camions, les bus, de prendre les rond-points comme dans un manège.

Le Chiffre: 17.000 euros

La Fiat 500 est plus chère, l’Opel Adam aussi, Renault réussit donc son pari. Même si on peut se demander si le Losange vendra réellement des GT… Le tarif est en effet assez élevé pour un petit modèle qui s’il est agréable pour prendre la route, n’offre pas beaucoup de place ni à l’arrière, ni dans le coffre. Une seconde voiture joueuse? Sans booster les ventes de la citadine, cette Twingo est sans aucun doute la plus intéressante de toutes les Twingo.

Le modèle essayé: Renault Twingo GT "by Renault Sport" TCe110 

La Twingo GT vrombit un peu plus que d’ordinaire et le trois-cylindres se fait sentir à l’arrière, à chaque accélération. La citadine est plutôt bien insonorisée, même à vitesse élevée.
La Twingo GT vrombit un peu plus que d’ordinaire et le trois-cylindres se fait sentir à l’arrière, à chaque accélération. La citadine est plutôt bien insonorisée, même à vitesse élevée. © P. Ducamp - BFMTV.com
Pauline Ducamp