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En avril, en plein confinement, la mortalité sur les routes a été divisée par deux

Image d'illustration - Selon les derniers chiffres publiés ce vendredi par le ministère de l’Intérieur, le nombre de tués sur la route en avril a reculé de 55,8%, en plein confinement.

Image d'illustration - Selon les derniers chiffres publiés ce vendredi par le ministère de l’Intérieur, le nombre de tués sur la route en avril a reculé de 55,8%, en plein confinement. - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Selon les derniers chiffres publiés ce vendredi par le ministère de l’Intérieur, le nombre de tués sur la route en avril a diminué de 55,8% et le nombre d’accidents corporels de 74%.

En plein confinement, la mortalité a fortement baissé sur les routes françaises. En avril, selon les estimations de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), la mortalité a baissé de 55,8% sur les routes de France métropolitaine. Elle avait déjà baissé de près de 40% en mars, avec deux semaines de confinement à partir du 17 mars. 

"103 personnes sont décédées sur les routes, contre 233 en avril 2019, soit 130 personnes tuées en moins", précise ce vendredi le communiqué du ministère de l’Intérieur.

Le nombre d’accidents corporels affiche une baisse encore plus importante: -74%, "avec 1099 contre 4234 en avril 2019, soit 3135 accidents corporels de moins". Le nombre de blessés recule aussi: "1247 personnes ont été blessées contre 5297 en avril 2019, soit 4050 personnes de moins (-76,5%)", peut-on lire dans le communiqué du ministère.

Une baisse de 77% du trafic sur les routes 

Ces bons chiffres sont la conséquence d'une très forte baisse du trafic sur les routes françaises au mois d’avril. Selon des données du spécialiste Coyote, sur toute la période du confinement, le trafic routier en France avait baissé de 77%, voire plus dans certaines grandes agglomérations. Les distances parcourues étaient aussi beaucoup plus courtes par rapport aux trajets habituels des Français. Ce n’est qu’à la mi-avril qu’une légère hausse du trafic a été enregistrée, suite à l’allocution d’Emmanuel Macron le 13 avril.

Le ministère de l’Intérieur souligne ainsi que "très peu d’usagers de véhicules utilitaires ou de poids lourds sont décédés sur la route en avril 2020", signe d’une activité économique à l’arrêt. "Une baisse des deux tiers chez les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, et deux-roues motorisés)" a également été notée.

Des comportements dangereux sur les routes 

Ces chiffres posent cependant question. "On peut comparer ces chiffres au mois de mars. J’ai été assez surprise ce matin, en les entendant, car en mars, une baisse de la mortalité de 40% avait été constatée, alors qu’il n’y avait eu que 15 jours de confinement. En avril, cette baisse est de 55%. Je m’attendais à ce que la baisse de la mortalité soit bien plus importante, et qu’elle soit quasiment proportionnée à la baisse du trafic, qui a été constatée de moins 75 à moins 80%", remarque sur France Info ce midi Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention routière.

Le communiqué du ministère alerte de nouveau sur la hausse des grands excès de vitesse observée par les forces de l’ordre sur les routes pendant le confinement, établissant un lien avec les accidents mortels. "On observe parmi les accidents mortels comparativement moins de chocs frontaux (avec moins de véhicules sur les routes, la probabilité d’en croiser en face est réduite) mais plus de pertes de contrôle de véhicules seuls (qui s’achèvent sur des obstacles latéraux, arbres, murets ou sur le toit après plusieurs tonneaux)", précise l’ONISR dans son communiqué. Un constat que partage Anne Lavaud. 

"On a un nombre d’accidents qui est de moins 74%, et un nombre de tués qui est de moins 55%, cela signifie que les accidents sont plus mortels, et cela vient corroborer les informations que l’on a pu avoir tout au long de cette période de confinement, avec de très grands excès de vitesse, des comportements débridés sur la route", poursuit la représentante de la Prévention routière.
Pauline Ducamp