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Ile-de-France: pourquoi les embouteillages se sont accumulés malgré la circulation alternée

Circulation sur l'autoroute. Photo d'illustration.

Circulation sur l'autoroute. Photo d'illustration. - Jeff Pachoud - AFP

Malgré la circulation alternée mise en place depuis mardi en Ile-de-France, les bouchons ont dépassé la moyenne ces derniers jours. Dispositif peu suivi, accidents ou départs anticipés, plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce phénomène.

Circulation alternée ne rime pas forcément avec routes fluides et sans bouchons. Les chiffres de cette semaine l'ont montré, avec des embouteillages au-dessus de la normale en heure de pointe, malgré la circulation alternée mise en place depuis mardi à Paris et dans 22 communes d'Ile-de-France. Mardi, Sytadin recensait plus de 370 kilomètres de bouchons autour de 9 heures, contre 300 kilomètres pour la moyenne habituelle. Un scénario qui s'est reproduit les jours suivants avec jusqu'à 400 kilomètres d'embouteillages jeudi. Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cette situation.

>Un manque de suivi de la circulation alternée 

Dès mardi, de nombreux automobilistes assumaient d'avoir pris leur voiture malgré la circulation alternée. Mardi, plus de 1.750 automobilistes ont été verbalisés pour avoir roulé malgré l'interdiction des plaques impaires ce jour-là. Impératifs liés au travail ou simple manque de civisme, certains n'ont tout simplement pas voulu se reporter sur les transports en commun.

>Des accidents au mauvais moment

De nombreux accidents se sont aussi produits sur les routes franciliennes aux heures de départ cette semaine. C'était le cas notamment jeudi avec des accidents sur l'A86, comme l'expliquait Franck Duret, journaliste info-trafic de la matinale de BFM Paris. "Je pense que c'est à cause de nombreux accidents et accrochages (...), peut-être aussi parce qu'il y a eu beaucoup de pannes", analysait-il. Un phénomène qui se rencontre tous les jours sur les routes et qui ne fait pas exception en cas de circulation alternée. Si la voiture en panne ou accidentée n'est pas rapidement dégagée, il suffit de quelques minutes pour que le bouchon se forme.

>Des départs anticipés

Anticipant des contrôles, les automobilistes ont pu décider de partir plus tôt de chez eux. Résultat, à une même heure les axes ont été saturés. "C'est le système de la tuyauterie et de la baignoire (...). Si vous allumez le robinet à fond tout le temps ça sature, tandis que si vous le baissez un peu, la baignoire va continuer à se vider", expliquait Franck Duret dans la matinale jeudi. Un phénomène qui se traduit sur les routes. Chaque axe ne pouvant accueillir qu'un certain nombre de véhicules au même moment, si une partie des automobilistes partent en même temps, le réseau risque d'être saturé, même si la circulation alternée est respectée.

>Les conséquences des incidents dans les transports

Mardi, une importante panne a paralysé une grande partie du réseau du RER B, ligne empruntée par plus de 900.000 personnes par jour. Un incident suivi d'une autre panne mercredi à la Gare du Nord qui a mis à l'arrêt tous les trains pendant plus de deux heures. Des pannes qui ont aussi pu décourager les automobilistes de lâcher le volant pour emprunter les transports en commun.

Carole Blanchard