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Grève SNCF: les loueurs de voitures et le covoiturage pris d'assaut

Avec les annulations de TGV et d'Intercités, les Français cherchent des moyens de transport alternatifs pour leurs déplacements. Les loueurs de voitures, les "cars Macron" et les plates-formes de location entre particuliers ou de covoiturage sont pris d'assaut.

Et si c'était eux, les vrais gagnants de la grève? Faute de trains, les Français se bousculent dans les agences de location de voitures, à la recherche d'une alternative pour remplacer un train déjà complet, annulé ou qui risque de l'être... Le préavis de grève illimité déposé à la SNCF ne permet en effet pas de savoir jusqu'à quand pourrait se poursuivre la grève, que certains voient bien durer jusqu'à Noël et même au-delà.

Bond des réservations de voitures

Depuis le début de la grève, la société de location Europcar a ainsi constaté un doublement du volume de recherches sur son site internet.

"Le pic de recherches sur notre site est directement associé à un pic de réservations, en croissance de +33% la semaine dernière par rapport à la même période l'an dernier", explique une porte-parole de l'entreprise de location de voitures.

Elle constate par ailleurs un report des réservations des clients professionnels. "Certains ont annulé leurs déplacements qu'ils effectueront après la grève".

Ces désistements des clients pros ne pénalisent toutefois pas la forte demande. Pour le week-end à venir et les jours suivants. il est ainsi recommandé de s'y prendre le plus possible à l'avance en réservant son véhicule en ligne.

La location "aller simple" à 1 euro comme alternative

En alternative originale et, surtout, peu onéreuse, Europcar rappelle proposer son service "One Way": pour des véhicules ayant effectué un trajet en "aller simple" (sans revenir à l'agence de location d'origine), le loueur propose de les rapatrier pour 1 euro symbolique. Cela lui permet en effet de se passer d'un convoyeur payé pour effectuer cette mission. Inconvénient: un choix de destinations comme de modèles de voitures forcément réduits. Mais cette solution peut être très intéressante si elle correspond à un besoin de déplacement particulier. 

La start-up DriiveMe s'est d'ailleurs spécialisé dans ces allers-simples à 1 euro, en permettant aux loueurs mais aussi à des concessions et garages de trouver des personnes prêtes à rapatrier des véhicules. Là aussi, les réservations sont nombreuses depuis le 5 décembre. L'intégralité des locations proposées sur certains grands axes (vers Lyon, Bordeaux, Nice) au départ de Paris ont toutes trouvé preneur. Une première dans l'histoire de cette jeune pousse créée en 2012.

"On constate une concentration des réservations aux alentours de Noël avec une vraie inquiétude des voyageurs qui avaient prévu un déplacement en train pour les fêtes de voir ce dernier annulé. Beaucoup se tournent vers la location pour sécuriser leur transport. Nous sommes clairement sur un mois record pour la période avec près de 10.000 locations réservées, soit six fois plus qu'en décembre 2018", explique Geoffroy Lambert, co-fondateur de DriiveMe.

Location entre particuliers, covoiturage et "cars Macron"

Et si vous ne pouvez pas louer une voiture chez un pro ou emprunter le véhicule d'un proche, il reste l'option de la location à un particulier. Getaround (ex-Drivy), leader sur ce marché naissant, voit son activité progresser de 60%, contre 30% lors des précédentes grèves, surtout dans une région parisienne particulièrement paralysée par le mouvement social. 

L'équipe qui gère le site constate "énormément de locations de courte durée, réservée au dernier moment" et "invite les propriétaires à ne pas augmenter leurs prix pendant la grève par solidarité avec les usagers bloqués". Comme chez les loueurs professionnels, la crainte d'un train annulé pour Noël se fait sentir, avec bien plus de réservations en amont que l'an passé.

Dernière option: le covoiturage. Le leader, Blablacar, a transporté 700.000 voyageurs entre jeudi et mardi, soit plus du double du nombre de passagers transportés à la même période l'an dernier. Un chiffre qui intègre également les personnes ayant emprunté un Blablabus (ex-Ouibus), l'entreprise proposant aussi depuis cette année une offre de "cars Macron".

L'appel de Blablacar à ceux qui ont des places libres

L'offre a d'ailleurs été renforcée sur les principaux axes pour répondre à la forte demande. Au total, en comptant cars et covoiturages, deux millions de personnes devraient être transportés par l'entreprise lors de ces prochaines vacances.

Si vous avez prévu d'utiliser votre voiture pour vous déplacer en France prochainement pendant les fêtes de fin d'année et qu'il vous reste un peu de place à bord, Blablacar invite à ne pas hésiter à proposer les places libres sur sa plate-forme. Une forme d'esprit de Noël, version nouvelles mobilités.

Julien Bonnet