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Essai - Renault Twingo Electric, l'électrique la moins chère du marché... pour le moment

Conçue à l’origine pour pouvoir être électrique, il a fallu six ans de carrière à la 3e génération de la Twingo pour disposer d’une version zéro émission. L’occasion pour Renault d’étoffer facilement sa gamme "ZE" tout en restant présent sur le segment des petites voitures.

La Twingo, mini-citadine par excellence, passe à l’électrique en 2020. Renault a ouvert début septembre les commandes de cette nouvelle déclinaison de la Twingo III, une version qui doit permettre à Renault de relever plusieurs défis.

S’il ne révèle pas le nombre de commandes enregistrées –"nous sommes très satisfaits, c’est très prometteur", nous confie un porte-parole de la marque– Renault a désormais dans son escarcelle un modèle supplémentaire pour respecter ses objectifs en matière d’émissions de CO2 cette année. Avec la nouvelle gamme hybride et hybride rechargeable, la Zoé et donc la Twingo Electric, le challenge semble déjà relevé puisque Renault a ouvert il y a quelques jours la possibilité de partager d’ici la fin de l’année ses émissions de CO2.

Le Groupe au losange résout également ici une difficile équation : quel avenir pour les micro-citadines, trop chères à dépolluer en thermique? Certaines marques ont jeté l’éponge, comme PSA qui semble prêt à abandonner les Peugeot 108 et Citroën C1. Fiat ou le Groupe Volkswagen ont eux joué la carte de l’électrique pour continuer à proposer ces modèles à son catalogue.

La Twingo Electric dispose d'une batterie de 22kWh et d'un moteur de 60kW, installé à l'arrière.
La Twingo Electric dispose d'une batterie de 22kWh et d'un moteur de 60kW, installé à l'arrière. © © JEAN-BRICE LEMAL/PLANIMONTEUR

Le point fort: une voiture conçue et pensée aussi pour être électrique

Renault les a suivis dans cette voie, avec un avantage: la Twingo avait été pensée dès l’origine pour être électrique. En effet, lors de son développement sous le nom de Projet Edison dans la première moitié des années 2010, Renault avait conçu une plateforme capable de recevoir des moteurs thermiques ou électrique. Dans le contrat avec Daimler, c’est la Smart qui devait bénéficier en premier de la version électrique, Renault misant lui d’abord sur la Zoé.

Depuis, Renault avait pris du retard dans le développement de sa gamme électrifiée, misant plutôt sur l’utilitaire, le low-cost et l’hybride, à côté de la Zoé. Daimler a lui revendu Smart fin mars 2019. Renault a donc pu sortir sa Twingo électrique à moindres coûts, les investissements de développement comme de production ayant déjà été réalisés et partagés avec le groupe allemand.

Au volant, pas de dépaysement. Avec un moteur à l’arrière et des batteries (165kg) sous les sièges avant, la Twingo électrique conserve ce qui fait son charme: une maniabilité pratiquement inégalée en ville, avec un très large rayon de braquage.

Si sa vitesse de pointe est limitée à 135km/h (Renault joue pleinement la carte de la voiture citadine), le moteur de 60 kW (soit 82 chevaux) et surtout le couple de 160 Nm la propulse en un clin d’œil d’un feu rouge au rond-point suivant.

L’autonomie de 190 kilomètres (WLTP) nous semble bien juste, mais dans une conduite urbaine, la Twingo se montre plutôt économe et ce, sans utiliser le mode "B" pour accentuer la récupération de l’énergie au freinage. Côté prise, Renault promet une recharge en huit heures sur une simple prise renforcée 3,7 kW.

Le point noir: les options et la qualité perçue

Même recette à l’intérieur. La Twingo Electric conserve l’habitacle de la Twingo thermique, mais certains détails ne sont clairement pas raccord avec le tarif demandé (voir ci-dessous). Comme l’écran bas de gamme rajouté devant le compte-tour original ou la clé manuelle sans accès mains-libres.

Certaines finitions de la Twingo électrique, comme le compteur derrière le volant, ne sont clairement pas au niveau.
Certaines finitions de la Twingo électrique, comme le compteur derrière le volant, ne sont clairement pas au niveau. © Pauline Ducamp

Difficile aussi de suivre la consommation réelle de la voiture, l’un des points ludiques de la conduite électrique. Mieux vaut également miser sur le second niveau de finition "Zen" pour accéder à l’écran tactile 7 pouces et à la connectivité Apple Carplay/Android Auto, ou le haut de gamme "Intens" pour la caméra de recul. Des basiques aujourd’hui même sur de petits modèles.

Mais à quel prix?

Pour aligner la Twingo face au trio allemand Volkswagen e-up/Seat Mii electric/Skoda Citigo e iV, commercialisées entre 21.600 et 21.960 euros (la e-up démarre elle à plus de 23.000 euros). La Twingo Electric se vend elle à partir de 21.350 euros, soit une fois le bonus 2021 de 6000 euros déduit, à 15.580 euros.

La version haut de gamme culmine elle à 25.450 euros, soit 18.580 euros bonus déduit. La Fiat 500e est en revanche positionnée beaucoup plus chère, à partir de 29.900 euros. La Twingo Electric se place donc pour le moment comme l'électrique la moins chère du marché, hors Citroën AMI (mais en catégorie quadricycle comme un Twizy).

Cette Twingo n’arrive-t-elle cependant pas trop tard face à un autre modèle, lui aussi signé Renault: la Dacia Spring? Commercialisée l’an prochain, la petite citadine low-cost offrira la même taille, plus d’autonomie (225 kilomètres WLTP) et des équipements qui ne s’annoncent pas de moins bon niveau (écran tactile 7 pouces, connexion Apple CarPlay/Android Auto, reconnaissance vocale depuis le volant).

"Zoé, plus grande de 53 cm et dotée d’une batterie de 52 kWh est plus polyvalente (et plus chère aussi avec ses 32.500 euros, NDLR) que la Twingo qui est destinée à un usage plus urbain avec son rayon de braquage record et sa batterie de 22 kWh. Quant à la Spring, dont le prix n’a pas été communiqué, elle n’offre pas le contenu qu’attendent les clients de Twingo en finition haute", rétorque dans autoactu.com Stéphane Wiscart, directeur adjoint du programme Twingo.

Si la petite citadine Renault reste l’une des électriques les moins chères du marché, une possible Spring autour des 10.000 euros bonus déduit pourrait constituer un véritable tournant.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto