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De plus en plus de conducteurs roulent sans assurance, un effet coronavirus?

Des gendarmes en intervention sur la route

Des gendarmes en intervention sur la route - Kenzo Tribouillard - AFP

La gendarmerie a relevé une hausse de 6% des automobilistes contrôlés avec un défaut d'assurance depuis début mai et le déconfinement entamé en France.

Rouler sans assurance, une infraction de plus en plus courante? "Côté gendarmerie, on relève une hausse de 6% de ce type d’infractions entre le 12 mai et le 12 juillet", alerte un article du Figaro.

Oubli ou budget auto plus limité

Une progression inquiétante, constatée depuis le début du déconfinement et qui serait directement liée à la crise sanitaire du coronavirus. Certains conducteurs auraient en effet de bonne foi simplement oublié de renouveller leur contrat, avec une période prolongée d'immobilisation de leur véhicule depuis le début du confinement le 17 mars dernier.

D'autres, dont les ressources ont pu être affectées pendant cette période à cause d'une perte d'emploi ou d'une activité limitée, n'auraient plus les moyens d'assurer leur véhicule.

Un risque inconsidéré

Mais c'est un risque inconsidéré pris par ces automobilistes, rappelle Laurent Collorig, chef de l’unité de coordination de lutte contre l’insécurité routière (Uclir), au Figaro: "En cas d’accident, le conducteur qui n’est pas en règle passera sa vie à payer sa dette".

En effet, si un fonds (le FGAO, pour Fonds de garantie des Assurances Obligatoires) indemnise les victimes de l'accident, le conducteur responsable non-assuré se verra réclamer la somme débloquée, qui peut atteindre des montants très importants.

Le conducteur non-assuré s'expose également à des risques judiciaires. Lors d'une première interpellation, il risque "une amende pouvant aller de 500 euros à 3750 euros", potentiellement assortie de peines complémentaires comme la suspension ou l’annulation du permis, avec interdiction de le repasser, et la confiscation du véhicule", rappelle la Sécurité routière.

En cas de récidive, l'amende peut grimper à 7500 euros et peut également s'accomagner d'une annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser, et la confiscation du véhicule.

Détection simplifiée des non-assurés

Autre explication à cette hausse ponctuelle des automobilistes pincés pour défaut d'assurance: la mise en place d'un nouveau fichier des véhicules assurés, permettant aux forces de l'ordre de détecter plus simplement un contrevenant, en accédant à cette base de données. Lancé dans 11 départements pioniniers en juin 2019, il est désormais accessible dans 40 départements.

Une répression facilitée afin de faire face à ce fléau de la conduite sans assurance, comme l'indique dans un communiqué Amina Walter, directrice générale déléguée du comparateur LeLynx.fr:

"La conduite sans assurance est un fléau depuis plusieurs années, particulièrement chez les jeunes qui sont sur-représentés (près de 60% des responsables d’accident roulant sans assurance ont moins de 35 ans). En cause ? Le montant de la prime qui double pour ces profils jugés à risques pour les assureurs (1 200 €/an en moyenne pour une formule tous-risque)."

Or, cette prime élevée (632 euros en moyenne l'an dernier, en hausse de 2,9%) serait elle-même une conséquence de la conduite sans assurance:

"On peut rappeler que les assureurs financent en partie le FGAO, le fonds qui indemnise les victimes sur les routes en défaut d’assurance. En 2018, l’organisme a pris en charge plus de 36 000 victimes à hauteur de 153 millions d’euros, un montant en parti financé par les assureurs, et donc repercuté sur les primes de tous."
https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto