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Confinement: de nombreuses stations-services en zones rurales menacées de faillite

Plus de 50% des stations services situées en zone rurale, particulièrement touchées par le confinement, estiment "probable" leur risque de faillite sans un retour soutenu de l'activité au 11 mai.

Plus de 50% des stations services situées en zone rurale, particulièrement touchées par le confinement, estiment "probable" leur risque de faillite sans un retour soutenu de l'activité au 11 mai. - DENIS CHARLET / AFP

Moins de déplacement, peu de marge sur les prix des carburants, la moitié des stations-services situées dans les zones rurales pourraient faire faillite.

Plus de 50% des stations services situées en zone rurale, particulièrement touchées par le confinement, estiment "probable" leur risque de faillite sans un retour soutenu de l'activité au 11 mai, déplore vendredi le Conseil national des professions de l'automobile (CNPA).

Effondrement de la consommation de carburant

Comme nous l’écrivions début avril, la chute de consommation de carburant lors du confinement, des marges très limitées des pompistes sur le carburant vendu et des charges toujours à payer pèsent sur le budget de ces petites entreprises. Elles ne peuvent par ailleurs pas se rattraper sur les produits ou services annexes comme le lavage ou la vente de détails.

"52% confirment être impactés très fortement et estiment probable le risque de faillite de leur entreprise sans un retour d’activité soutenue au 11 mai" et "4% confirment qu’ils déposeront le bilan de leur entreprise avant le 11 mai", indique dans un communiqué le CNPA après avoir recueilli les réponses de 1.800 exploitants de stations services implantés en zones rurales.

Dans le contexte du confinement imposé pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus, qui limite fortement depuis plusieurs semaines les déplacements des Français et leur consommation de carburants, 77% des stations services de campagnes ont vu leurs ventes de carburants diminuer de 80%, précise le communiqué, transmis à l'AFP par Francis Pousse, le président national des exploitants de stations service.

Une demande d'aide au gouvernement

Ceux qui pensent survivre à la crise estiment toutefois à 40% qu'ils devront ensuite reporter des investissements prévus de longue date. 30% envisagent même de les annuler. En moyenne, la rémunération fixe des stations services, dont 70% sont situés en zones rurales sur l'ensemble du territoire, est de 0,01 euro net par litre de carburant vendu et de nombreux établissements n'ont pas la trésorerie nécessaire pour pallier de telles chutes d'activité et affronter la crise.

Jeudi, le CNPA a alerté par courrier les ministres de l'Economie, des Transports et de la Cohésion des Territoires sur la situation "particulièrement inquiétante" de ces acteurs économiques et esquisser des solutions.

Pauline Ducamp avec AFP