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Carburants: les prix continuent de baisser à la pompe

La semaine dernière, le prix du gazole atteignait en moyenne en France 1,41 euro, soit autant que fin avril, avant l’emballement des prix de cet été.

Les prix à la pompe continuent leur décrue. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Transition écologique ce lundi, les Français payaient la semaine dernière leur litre de gazole à la pompe 1,4133 euro en moyenne.

C’est 1,14 centime d’euro de moins que la semaine précédente. C’est surtout 12 centimes de moins que les prix affichés il y a deux mois (1,53 euro en moyenne la semaine du 12 octobre), au moment du pic du prix des carburants. A cette époque, certaines stations-service affichaient même des prix bien plus élevés, frôlant ou dépassant les 2 euros le litre. "On avait vraiment du mal, car c’était vraiment très, très cher", confie une automobiliste ce mercredi à BFMTV.

Les cours du baril de pétrole reculent

Les automobilistes roulant à l’essence font le même constat. Le sans-plomb 95 était vendu en moyenne 1,4232 euro le litre la semaine dernière dans l’Hexagone, soit 0,87 centime d’euro de moins que la semaine précédente. En avril, les automobilistes payaient en moyenne 1,48 euro le litre de SP95, soit 6 centimes de plus. "J’ai fait un plein de 37 litres, j’ai payé 57 euros. Il y a entre 15 jours et un mois, c’était plus aux alentours de 62, 63 euros", confie un autre automobiliste à BFMTV.

La principale cause de cette baisse tient à la chute du prix du baril. Les cours du pétrole sont restés orientés nettement à la baisse la semaine dernière, reculant de près de 11%, sur fond de craintes persistantes de surproduction. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a perdu 3,35 dollars ou 6,2% pour terminer à 50,47 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, un niveau plus vu depuis août 2017.

L'annulation de la hausse des taxes pour 2019

Cette tendance baissière sur les marchés des matières premières a donc eu un impact sur les prix à la pompe au cours des dernières semaines. Mais cet impact reste modéré, car le prix du baril ne représente en effet que 25 à 30% en moyenne du prix facturé aux automobilistes. Le reste se répartit entre la marge pour le distributeur (8 à 10%), les coûts de distribution, la TVA et surtout la TICPE (Taxe Intérieure de consommation sur les produits énergétiques). En un an, le prix du gazole a grimpé de 12 centimes, et cela n'est en rien lié à l'évolution des cours du pétrole.

Devant la grogne des gilets jaunes, le Premier ministre Edouard Philippe a annulé début décembre la hausse des taxes sur l'essence et le gazole prévue initialement en 2019. Elle devait faire augmenter de 7 centimes le prix du gazole. L’évolution des prix à la pompe en 2019 reste cependant très incertaine, dépendante à la fois des décisions des pays producteurs de pétrole. La Russie et l'OPEP se sont ainsi entendues pour baisser leur production à partir du 1er janvier. La conjoncture américaine, et la versatilité de Donald Trump, posent aussi de nombreuses questions sur les évolutions du prix du baril.

Pauline Ducamp, avec Elise Maillard.