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Hôpital de Fréjus: le service de pédopsychiatrie délocalisé pour faire de la place aux urgences?

Le service des urgences de l'hôpital de Fréjus.

Le service des urgences de l'hôpital de Fréjus. - BFM Nice Côte d'Azur

Le projet va être abordé ce lundi lors d'un conseil de surveillance de l'hôpital afin de permettre aux urgences de récupérer une quinzaine de lits.

Arobase, l'unité de pédopsychiatrie de l'hôpital de Fréjus, pourrait déménager afin de laisser davantage de place au service des urgences. Ce projet va être évoqué lundi soir au cours d'un conseil de surveillance du centre hospitalier intercommunal.

15 à 20 lits supplémentaires

C'était "d'abord des bruits de couloir puis le jeudi 12 janvier une proposition du directeur lors d'une réunion avec la direction", indique Claire Glay, responsable de l'unité auprès de BFM Nice Côte d'Azur.

La direction de l'hôpital entend ainsi créer 15 à 20 lits supplémentaires aux urgences alors que le mal-être et l'épuisement des soignants du service ont été mis en avant cette semaine à travers des arrêts maladie collectifs.

"C'est un effort collectif de l'établissement pour mettre à disposition des lits", s'est défendu Didier Jammes, chef du service des urgences, interrogé mercredi par BFM Nice Côte d'Azur.

Ces lits supplémentaires devraient permettre "d'améliorer le parcours des patients" aux urgences. "C'est ça le problème de cet hôpital aujourd'hui entre autre", confirme le directeur, Frédéric Limouzy.

Sauf que le personnel de l'unité de pédopsychiatrie craint d'être un "dommage collatéral de la crise aux urgences", est-il écrit dans un communiqué consulté par BFM Nice Côte d'Azur.

Jusqu'à 70 jeunes accueillis

Les soignants rappellent que "60 à 70 adolescents par an [sont] accueillis jours et nuits" dans l'unité. "Des jeunes suicidaires ou mettant leur vie en danger, ravagés par une phobie scolaire (harcèlement) ou des troubles alimentaire", ajoutent-ils.

L'unité de pédopsychiatrie dispose de huit lits d'hospitalisation et de deux autres pour la journée uniquement. Le personnel craint également que leur salle d’activité et la salle à manger soient réquisitionnées pour laisser place aux urgences.

"Pivot central de la prise en charge adolescente, cette unité nécessite des locaux pérennes et adaptés et ne peut pas être délocalisée dans l’urgence", soulignent les soignants.

Si le déménagement de la pédopsychiatrie est acté lundi soir, l'unité pourrait être transférée à Draguignan où un service de psychiatrie avait fermé par manque de médecin.

"Une délocalisation d’Arobase en dehors de Fréjus-Saint-Raphaël mettrait en péril toute l’offre de soins, avec la possible fermeture de l’unité", concluent les soignants. Ils rappellent également que leur secteur comprend les bassins de vie de Fréjus-Saint-Raphaël, mais aussi de la Dracénie et du golfe de Saint-Tropez.

Alexandre Plumey avec Amaury Tremblay