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Des associations demandent à Facebook de renoncer à sa version d’Instagram pour les enfants

L'application Instagram pour smartphone

L'application Instagram pour smartphone - BFMTV

Le réseau social a dans les cartons une déclinaison d’Instagram spécialement dédiée aux plus jeunes, faisant craindre une exposition toujours plus précoce aux contenus addictifs.

Ils sont des dizaines d’associations de protection de l’enfance, mais aussi de chercheurs, médecins et psychologues à avoir adressé une lettre ouverte à Mark Zuckerberg ce 15 avril. Comme le relève la BBC, ces spécialistes s’insurgent contre le projet de Facebook, propriétaire d’Instagram, qui travaille sur une déclinaison de l'application dédiée aux moins de 13 ans.

Pas de vérification d’âge

“De plus en plus de recherches démontrent qu’une utilisation excessive du numérique et des réseaux sociaux est dangereuse pour les adolescents. Instagram, en particulier, tire profit de la peur des jeunes de passer à côté d’un événement et de leur désir d’approbation par leurs pairs pour encourager les enfants à consulter frénétiquement leur smartphone et partager des photos avec leurs abonnés. L’attention constante de la plateforme sur l’apparence et l’image met à mal la vie privée et le bien-être des adolescents” peut-on lire dans la lettre.

Selon Facebook, une version d’Instagram destinée aux enfants a pour objectif de leur permettre d’utiliser la plateforme “en toute sécurité”. L’entreprise californienne, qui interdit en théorie le réseau social aux moins de 13 ans, ne procède dans les faits à aucune vérification d’âge. Exposant de fait les plus jeunes à de nombreuses publicités, ou à des influenceurs aux conseils parfois douteux.

Dans la lettre adressée à Mark Zuckerberg, les associations estiment qu’il est peu probable que les enfants entre 10 et 12 ans utilisant illicitement l’application Instagram ne décident de la quitter pour revenir à une version plus adaptée à leur âge. Ils estiment que la cible de Facebook est en réalité bien plus jeune afin de les habituer au plus tôt à son écosystème.

Le “lourd passif” de Facebook

“Un usage excessif des écrans et des réseaux sociaux est associé à de nombreux risques pour les enfants et les adolescents, dont l’obésité, des dommages psychologiques, un mal-être, des problèmes de sommeil ou encore des risques accrus de dépression” appuie le texte.

Les auteurs rappellent que 59% des adolescents américains rapportent avoir été harcelés sur ces plateformes et que la Royal Society for Public Health (Royaume-Uni) a désigné Instagram comme le pire réseau social pour la santé mentale des jeunes.

La lettre met par ailleurs en avant le risque accru de pression de la publicité sur une hypothétique version d’Instagram destinée aux enfants, qui pourraient être à leurs yeux visés dès le plus jeune âge.

“Le lourd passif de Facebook en matière d’exploitation des plus jeunes et de prise de risque à l’égard de ces derniers en font une entreprise particulièrement peu recommandable en tant que dépositaire d’une plateforme de partage de photos et de messagerie destinée aux enfants” tranche le courrier.

Auprès de la BBC, Facebook rappelle que la piste d’une version d’Instagram pour les moins de 13 ans n’en est qu’à un stade préliminaire et que les comptes de ces derniers ont vocation à être totalement aux mains des parents.

L’entreprise promet par ailleurs que des spécialistes de l’enfance seront consultés au cours du développement et que cette nouvelle application ne contiendra aucune publicité.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech