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Covid-19: des chercheurs lillois planchent sur le dépistage sur smartphone

Un test de dépistage efficace en dix minutes a été mis au point par une équipe de l’Université de Lille. Mais la commercialisation est encore loin.

Si nos smartphones sont régulièrement mobilisés dans la lutte contre le Covid-19, par exemple à des fins de traçage, des chercheurs entendent en faire de véritables outils de dépistage. Une équipe de l’Université de Lille dirigée par la chercheuse Sabine Szunerits a imaginé un système capable de tirer profit de la puissance de calcul de nos mobiles pour détecter le coronavirus.

Le principe de ce nouveau test est proche de celui d’un test antigénique: il s’agit de déposer un échantillon de prélèvement nasopharyngé sur une fine bandelette, abritant un récepteur chargé de rentrer en contact avec les protéines du coronavirus. Parmi ces protéines, le spike - également ciblé par les vaccins contre le Covid-19 - fait réagir une électrode en produisant un signal électrique spécifique.

Le test de dépistage du Covid-19 mis au point par des chercheurs de l'Université de Lille
Le test de dépistage du Covid-19 mis au point par des chercheurs de l'Université de Lille © BFMTV

Vers des tests salivaires?

Une fois que la bandelette est raccordée à un smartphone via une clef USB, une application est alors capable de mesurer l’intensité de ce signal électrique, marqueur numérique de la présence de coronavirus. En dix minutes, le logiciel est capable d’évaluer la présence du virus, mais également la charge virale.

“Au long-terme, nous pourrions même dire si vous êtes sévèrement positif” précise Sabine Szunerits auprès de BFMTV. Plusieurs travaux mettent en relation l’importance de la charge virale du patient et l’évolution vers des formes graves de la maladie. L’équipe chargée du développement de ce test évoque de son côté un niveau de fiabilité proche des 90%.

“L’idée est de pouvoir industrialiser rapidement ce test [..] et l’ergonomiser pour que chacun puisse le faire sous la forme d’un test salivaire [bien plus simple à réaliser qu’un prélèvement nasopharyngé qui nécessite un écouvillon, ndlr]” explique David Devos, professeur de pharmacologie médicale au CHU de Lille.

Parallèlement à cette évolution technique, l’équipe de recherche de Lille devra donc trouver un industriel capable de produire massivement ce nouveau kit de test tout en obtenant l’aval des autorités sanitaires.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech