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Après des alertes, Tiktok prend des mesures pour protéger ses plus jeunes utilisateurs

L'application TikTok sur l'App Store d'iOS

L'application TikTok sur l'App Store d'iOS - BFMTV.COM

Tiktok a restreint les paramètres de confidentialité de ses utilisateurs âgés de 13 à 15 ans, après que des observateurs ont accusé l'algorithme de favoriser les vidéos sexualisées mettant en scène des mineurs.

Le réseau social Tiktok a restreint mercredi les paramètres de confidentialité de ses utilisateurs âgés de 13 à 15 ans, une annonce qui survient quelques jours après que des observateurs ont accusé l'algorithme de la plateforme de favoriser l'accès à des vidéos sexualisées mettant en scène des mineurs.

"Dès aujourd'hui, les paramètres de confidentialité par défaut de tous les utilisateurs de TikTok âgés de 13 à 15 ans passeront automatiquement en mode Privé. Concrètement, cela signifie que seuls les abonnés acceptés par ces utilisateurs pourront visionner leurs vidéos", a indiqué le réseau social, propriété du Chinois ByteDance, dans un communiqué.

Entre autres "changements majeurs", TikTok va également restreindre la possibilité de commenter les vidéos de ces utilisateurs à leurs seuls "amis", et empêcher leur téléchargement.

La plate-forme avait déjà par le passé supprimé ses outils de messagerie pour les utilisateurs de moins de 16 ans, ainsi que la possibilité de diffuser en direct, et offert comme d'autres réseaux des procédures de contrôle familial.

"Ces nouveaux paramètres de confidentialité sont des outils clés non seulement pour les sensibiliser aux bonnes pratiques du numérique, notamment en matière de protection de leur vie privée, mais aussi pour les responsabiliser sur leur usage d'Internet", a commenté Justine Atlan, directrice générale de l'association e-enfance, citée dans le communiqué.

L'algorithme mis en cause

Dans une vidéo diffusée fin décembre sur Youtube, un vidéaste baptisé le Roi des rats accusait l'algorithme de TikTok de favoriser l'accès à des vidéos sexualisées (danses sexy, positions suggestives, mises en scène de pratiques sexuelles) incluant parfois des mineurs, et avait montré qu'il était facile, peu importe l'âge, d'avoir accès à des contenus illicites, citant notamment la zoophilie et la scatophilie.

"D'un côté, TikTok diffuse des vidéos sexy d'adolescentes, voire d'enfants, parfois frôlant la pédopornographie, auxquelles les pédocriminels peuvent avoir accès, et d'un autre côté, la plateforme expose ces jeunes à des contenus pornographiques", avait dénoncé début janvier l'association Les effronté-e-s, à la suite à cette enquête.

L'association réclamait à TikTok de réviser son algorithme, de rendre ses paramètres de contrôle parental plus efficaces et d'accroître ses moyens dédiés à la modération des contenus.

Malgré des règles strictes contre tous les contenus qui sexualisent ou exploitent les enfants, les réseaux plébiscités par les jeunes comme Snapchat, TikTok, YouTube ou Instagram se voient régulièrement reprocher de ne pas suffisamment protéger les enfants des prédateurs en ligne. Des scandales susceptibles d'entacher leur réputation et de les priver des recettes des annonceurs.

P.D. avec AFP