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Appartements saccagés, portes défoncées… À Marseille, la moitié d'une résidence de la Belle-de-Mai squattée

Dans cet immeuble du 3e arrondissement, près de la moitié des logements sont squattés par des dealeurs ou des jeunes souvent sans-papiers. Propriétaires et locataires sont épuisés par cette situation.

Des appartements saccagés, des portes défoncées, c'est désormais le quotidien que subissent les habitants et les propriétaires d'un immeuble du quartier de la Belle-de-Mai à Marseille. Dans cette copropriété, près de la moitié des 270 logements sont squattés par des dealeurs ou bien par des jeunes, la plupart du temps sans papiers.

"Ça fait de la peine, mais ils cassent tout, c'est ça le problème", explique Rémy Traverso, le gérant du syndic de l'immeuble.

La copropriété est désormais devenue insalubre. Les habitants peuvent aussi voir de nombreuses ordures ménagères joncher la cour. Pour lutter contre cela, deux bennes viennent chaque semaine ramasser les déchets.

"Tu pars travailler et quand tu reviens, la maison est vide"

Avec la présence de ces squatteurs, certains habitants commencent même à avoir peur. Un locataire de l'immeuble a en effet affirmé à sa propriétaire ne plus pouvoir dormir à cause de cette situation. Il lui raconte avoir vu une personne sortir un couteau dans la cage d'escalier.

"Je sais qu'il va partir dans peu de temps et je vais être dans la situation des propriétaires de devoir murer. J'ai pas le choix. C'est ça, ou je vais avoir des squats. Demain, s'il y a quelqu'un qui s'immole, s'il y a le feu, je suis responsable", s'alarme Sophie Mouque, propriétaire d'un appartement dans la résidence.

Nordine, habitant de l'immeuble vivant au deuxième étage, a lui dû installer une grille à sa fenêtre pour empêcher les locataires de rentrer dans l'appartement.

"Ça veut rien dire la grille comme ça. S'ils veulent la casser, ils vont la casser. Ils ont même déjà emporté des portes blindées. (...) Tu pars travailler et quand tu reviens, la maison elle est vide", s'agace ce résident qui vit ici depuis quatre ans.

Face au problème des squatteurs, le syndicat de la résidence veut que la ville lance une procédure de mise en péril de l'immeuble. Contactée, la mairie n'a pour le moment pas entamé cette démarche.

Lucas Brousse avec Gauthier Hartmann