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Rhône: une femme jugée pour le meurtre de son conjoint

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Le 16 septembre 2018, l'accusée a tué son mari d'une balle dans la tête pendant son sommeil. Elle affirme avoir voulu mettre fin à des souffrances physiques et morales.

Le procès de Rose Filippazzo, 50 ans, accusée de meurtre par conjoint, s'ouvre ce mercredi à Lyon devant les assises. Elle affirme qu'elle a voulu mettre fin à une accumulation de souffrances physiques et morales en tuant son mari d'une balle dans la tête pendant son sommeil, le 16 septembre 2018 à Thurins (Rhône).

Selon sa version, son cas serait comparable à celui de Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de réclusion par la cour d'assises du Loiret pour avoir tué en 2012 son mari, violent avec elle durant 47 ans, de trois balles dans le dos, avant de bénéficier d'une grâce présidentielle en 2016.

Défendue par l'avocate de Jacqueline Sauvage

L'accusée est d'ailleurs défendue par Janine Bonaggiunta, spécialiste de la défense pénale des femmes victimes de maltraitances, qui a été l'avocate de Jacqueline Sauvage, de Valérie Bacot (condamnée pour avoir tué un beau-père qui l'avait violée, épousée, battue et prostituée) et d'Alexandra Lange (acquittée en 2012 du meurtre de son mari tué d'un coup de couteau à la gorge tandis qu'il tentait de l'étrangler).

"On peut faire la comparaison, cette femme a longtemps souffert, elle a vécu sous une emprise totale", a affirmé à l'AFP Me Bonaggiunta.

Comme Jacqueline Sauvage, Rose Filippazzo, veuve Zirafa, explique son geste pour avoir été victime de violences répétées et de viols conjugaux. Deux procédures font état de violences commises en 2017 par son mari, un artisan maçon décrit comme jaloux et possessif par des témoins, qui a reconnu avoir giflé sa femme après avoir découvert un adultère.

Situation d'emprise

Selon d'autres témoignages, l'épouse a pu aussi se montrer violente. Tous disent que les deux époux, mariés très jeunes et parents de deux filles, ne parvenaient pas à sortir de tensions permanentes.

Les psychiatres décrivent, dans les extraits de leurs expertises reprises dans l'ordonnance de mise en accusation, "la création d'une situation d'emprise de son couple". Pour eux, ce contexte justifie une "altération de son discernement" et donc une atténuation de sa responsabilité pénale.

Procès jusqu'à vendredi

Quelques jours après le meurtre, Rose Filippazzo avait cherché à récupérer une assurance vie qu'avait contractée son mari l'année précédente, sans savoir que ce dernier avait modifié le nom du bénéficiaire.

Pour les enquêteurs, l'empressement de la veuve à ouvrir un coffre, à effectuer des retraits et récupérer la donation, met à mal la thèse de la légitime défense, au profit d'un mobile financier.

L'accusée partageait sa vie entre le domicile conjugal et un gîte où elle retrouvait son amant. Dans une conversation téléphonique entre les deux, interceptée par les gendarmes, celui-ci qualifie sa maîtresse de "venin hyper puissant".

Le procès devant les assises du Rhône doit durer jusqu'à vendredi.

M.L. avec AFP