BFM Lyon

Rhône: crise sanitaire et plans sociaux en cascade

Près de 2000 emplois sont actuellement menacés par des plans sociaux dans la métropole lyonnaise.

Les entreprises lyonnaises profitent-elles du contexte de la crise sanitaire pour licencier plus que d'ordinaire? C'est le sentiment partagé par bon nombre de salariés. Alors que le gouvernement débloque des milliards d'euros pour limiter les répercussions du Covid sur l'emploi, certains groupes annoncent tout de même d'importantes suppressions de postes.

Bayer, Renault... 2000 emplois menacés en région lyonnaise

De quoi provoquer la grogne des syndicats, notamment chez General Electric, où les salariés sont actuellement en grève. Pour cause: la direction a annoncé en septembre dernier la suppression de 289 postes sur les sites de Villeurbanne et de Saint-Priest.

"La grève, quoi qu'il en soit, continue, il n'y a aucune avancée obtenue vis à vis de la direction", a déclaré à BFM Lyon Philippe Donnet, salarié de chez General Electric.

Les salariés de General Electric ne sont pas les seuls dans cette situation. En tout, selon le journal en ligne Médiacités, près de 2000 emplois seraient actuellement menacés dans la région lyonnaise. Le géant pharmaceutique Bayer prévoit ainsi 475 suppressions de postes. Le même nombre d'emplois sont menacés du côté de Renault Trucks, à Vénissieux.

La carte des plans sociaux en cours dans la métropole lyonnaise
La carte des plans sociaux en cours dans la métropole lyonnaise © BFM Lyon / Médiacités

L'argument du Covid en question

Si de nombreuses entreprises s'appuient sur l'argument économique lié à la crise sanitaire, cela ne suffit pas à convaincre les syndicats.

"Je pense qu'ils se sont servis de la période du Covid pour dire que la situation était dramatique dans l'entreprise, ce qui n'est pas vrai", assure à BFM Lyon Michel Piot, délégué CGT à Renault Trucks. "Il y avait déjà un plan qui était prévu avant le Covid, donc c'est vraiment pas justifié de ce côté-là."

De son côté, le Medef réfute les accusations des syndicats. "Ça ne fait jamais plaisir à un entrepreneur de se séparer de ses collaborateurs, surtout s'ils sont compétents", explique le président du Medef du Rhône Laurent Fiard. Il justifie ces plans sociaux en cascade par "un mix de conjonctures et d'effets structurels".

Entre mars et octobre 2020, 657 plans de sauvegarde ont été initiés entre mars et octobre en France. Un chiffre près de deux fois supérieur à celui de l'an dernier, à la même période.

Maéva Commecy avec Juliette Mitoyen