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L'Université Lyon-I vote une motion de soutien à un mathématicien retenu en Turquie

Un amphithéâtre d'université (photo d'illustration)

Un amphithéâtre d'université (photo d'illustration) - PIERRE ANDRIEU / AFP

Tuna Altinel, maître de conférences à l'Université Claude-Bernard, s'était vu retirer son passeport le 12 avril 2019 alors qu'il se trouvait en vacances en Turquie, accusé d'"appartenir à une organisation terroriste".

L'Université Lyon-I en appelle notamment à Emmanuel Macron afin de permettre à un de ses mathématiciens de revenir en France, dans une motion votée à l'approche des deux ans de la rétention de son passeport par la Turquie.

"Cela fait bientôt deux ans que notre collègue Tuna Altinel est retenu en Turquie, avec l'impossibilité de revenir en France pour assurer ses missions d'enseignant-chercheur où il est attendu par ses étudiants, ses collègues et son établissement, l'Université Claude-Bernard Lyon 1. Au nom de toute la communauté universitaire, nous tenons à lui réaffirmer notre total soutien", est-il écrit dans la motion, votée le 30 mars par le conseil d'administration de l'université.

Incarcéré et jugé pour "propagande terroriste"

"Nous demandons au Président de la République Française, au Ministre des Affaires étrangères, à la Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation de tout mettre en oeuvre pour que notre collègue, enseignant-chercheur et fonctionnaire, en poste au sein de notre université, puisse revenir en France dans les plus brefs délais", poursuit-elle.

Tuna Altinel, maître de conférences à l'Université Claude-Bernard, s'était vu retirer son passeport le 12 avril 2019 alors qu'il se trouvait en vacances en Turquie, accusé d'"appartenir à une organisation terroriste".

Incarcéré puis jugé pour "propagande terroriste" pour avoir participé en France à la réunion d'une amicale kurde, lors de laquelle il a servi d'interprète, il a été acquitté en janvier 2020. Mais la Turquie refuse toujours de lui remettre son passeport.

"Usure psychologique"

Après diverses démarches auprès des tribunaux et des autorités turcs, le président de Lyon-I, Frédéric Fleury, a encore une fois "le 16 octobre 2020, envoyé une demande de restitution de passeport au Ministère de l'intérieur de Turquie, au Bureau général de l'Etat civil de Turquie, et à la Commission de décision administrative pour les passeports de Turquie", précise un communiqué.

Pour ses collègues lyonnais, qui ont créé un comité de soutien, la situation de M. Altinel est liée à la signature d'une pétition en 2016 des Universitaires pour la paix en Turquie, qui réclamait la fin des opérations dans le sud-est du pays.

"C'est un défenseur des droits humains et quelqu'un de très attaché à sa liberté de penser", ont assuré à l'AFP Cécile Mercadier et Thomas Blossier, deux représentants de son comité de soutien, qui ont dénoncé "l'usure psychologique" dont il fait l'objet.
F.R. avec AFP