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"Garder du lien": en immersion avec les soignants lyonnais, épisode 4

BFM Lyon vous propose une série de reportages, en immersion avec les soignants lyonnais mobilisés contre le Covid-19. Ce jeudi, patients et soignants racontent la relation qu'ils tissent à l'hôpital.

"Bon, on parie sur combien aujourd'hui en température?" "36?" "Aaah... 36,3! C'est pas mal!" Fanny, infirmière réquisitionnée à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon, aime se prendre au jeu des pronostics avec ses patients. Et notamment avec Abderrahmane Benayadi, 70 ans. Une manière de détendre l'atmosphère.

À l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon, comme dans les autres établissements hospitaliers de France, les visites aux patients ne sont pas autorisées. Les visages des aides-soignants, des infirmiers, des médecins sont les seuls que voient les malades frappés par le Covid-19 sans l'intermédiaire d'un écran.

"C'est très difficile quand on n'a pas sa famille avec soi", confirme Aberrahmane. Le septuagénaire est néanmoins satisfait de pouvoir bénéficier de soutien lorsque le moral flanche: "Elles viennent discuter avec moi. Ça fait plaisir".

Le lien se crée et s'endurcit

Dans l'unité dédiée aux patients souffrant du coronavirus de l'établissement, chaque infirmière prend en charge deux à trois patients. Automatiquement, compte tenu de la durée d'hospitalisation des malades, le lien se crée et s'endurcit entre patients et soignants. Même si la théorie requiert en principe plus de distance.

"On a la formation de l'impact de cette maladie. Mais quand on est sur le terrain, comme là..., souffle Souna, infirmière réquisitionnée à l'hôpital Édouard-Herriot. Je ne pensais pas que ça aurait un impact aussi imprévisible."

La soignante n'hésite pas à accorder 20 minutes de son temps pour dialoguer avec ses patients, pour qui la compagnie se résume à "des tuyaux" le reste de la journée. Et ce même si "on devrait limiter les passages dans les chambres".

"On ne remplace pas non plus leur famille"

"C'est vrai que c'est bien pour eux qu'on soit là, embraye Fanny. Mais c'est vrai que c'est aussi compliqué parfois de leur remonter le moral parce qu'on ne remplace pas non plus leur famille."

Les soignants veillent toutefois à ce que les patients puissent garder un contact, même à distance, avec les leurs. "Heureusement qu'il y a le téléphone qui existe, et aussi Zoom (logiciel de discussion vidéo, ndlr), relève l'infirmière. Les vidéos qu'on fait avec les familles, les soignants. Ils adorent ça." Fanny semble sourire à travers son masque: "Ils ont l'impression que leur famille est avec eux".

Dans ce service, seuls les patients en fin de vie sont autorisés à recevoir des visiteurs.

Cette semaine, retrouvez chaque jour un nouvel épisode de notre série de reportages en immersion avec les soignants lyonnais.

Pour retrouver l'épisode 1 de notre série, intitulé "Tension en réa", cliquez ici.

Pour retrouver l'épisode 2 de notre série, intitulé "Tous au front", cliquez ici.

Pour retrouvrer l'épisode 3 de notre série, intitulé "Derrière les masques", cliquez ici.

Hugo Francés avec Florian Bouhot