BFM Lyon

255 points de deal recensés dans le Rhône: un syndicaliste policier réclame "des moyens" pour lutter

Invité de BFM Lyon, le secrétaire adjoint du syndicat Unité SGP Police du Rhône a assuré que les points de deal du Rhône répertoriés par l'Intérieur sont "déjà connus", et a réclamé plus de moyens pour lutter contre les trafics.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a dévoilé dimanche une carte des 3952 points de deal répertoriés dans toute la France. Au classement des départements les plus concernés par ces lieux de vente de stupéfiants, le Rhône arrive deuxième, derrière la Seine-Saint-Denis, avec 255 points de deal recensés.

Aux yeux de Sébastien Gendraud, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP Police du Rhône, "ce n'est pas surprenant".

"Les policiers n'ont pas attendu son arrivée (à Gérald Darmanin, NDLR) pour travailler sur ça. Ces points de deal sont déjà connus", a-t-il assuré sur le plateau de Bonjour Lyon ce mardi. L'agglomération lyonnaise est une plateforme importante (...) surtout pour les gros trafics."

"On dénonce la politique du chiffre, ce n'est pas comme ça qu'on va réussir"

Si le policier assure que "c'est une bonne chose que monsieur Darmanin s'attaque au démantèlement des points de deal", il explique que pour pouvoir lutter efficacement contre le trafic de stupéfiants, "il faut des moyens humains, du matériel".

"Démanteler des points de deal, ce n'est pas compliqué, c'est quelques mois d'enquête, poursuit Sébastien Gendraud. Mais une fois que vous démantelez le point de deal, quelques heures, quelques jours après, de nouvelles personnes s'installent. Donc c'est un travail de longue haleine pour aller encore plus loin."

Un travail qui, selon le policier, n'est pas facilité par la politique du chiffre, à cause de laquelle les forces de l'ordre ont tendance à arrêter de petits dealers plutôt que de prendre le temps de remonter aux plus gros.

"On dénonce la politique du chiffre, ce n'est pas comme ça qu'on va réussir à démanteler les point de deal", juge le représentant d'Unité SGP Police, qui "attend beaucoup" de la part du ministère de l'Intérieur.

La plateforme de signalisation, un risque de "dérives"

Selon Sébastien Gendraud et son syndicat, la plateforme promise par Gérald Darmanin pour permettre aux citoyens de dénoncer la présence des points de vente de drogue ne va par ailleurs par aider les policiers lyonnais dans leur lutte contre le trafic de stupéfiants.

"Il peut y avoir des dérives", explique-t-il. J'ai l'impression que c'est surtout de la com'. Dès qu'il y a un problème, on créé une plateforme", déplore-t-il, soulignant que les citoyens peuvent déjà signaler les points de deal à l'heure actuelle, en envoyant un courier ou en se rendant au commissariat.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions