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Grande-Synthe: le gérant de la mosquée Al Houda poursuivi pour "blanchiment"

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

L'homme âgé de 47 ans a été interpellé mardi avec sa soeur. Cette dernière est renvoyée devant le tribunal pour "abus de confiance" et "complicité de blanchiment".

Le gestionnaire de la mosquée Al Houda de Grande-Synthe (Nord) sera jugé en juillet pour "abus de confiance", "blanchiment de fraude fiscale" et "escroquerie aux prestations sociales", suite à une enquête sur le financement opaque de deux biens immobiliers, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Amirouche O., âgé de 47 ans, faisait l'objet depuis plusieurs mois d'une enquête préliminaire portant sur le financement de ces deux biens, achetés "à son nom", pour un montant d'environ 350.000 euros, "alors qu'il déclare aux impôts zéro euro de revenu depuis des années", a expliqué le parquet de Dunkerque.

Ces locaux abritent l'association fraternelle du quartier Saint-Jacques, qui gère la mosquée Al Houda, et l'association Maisons de savoir, "dont le but est l'accompagnement scolaire des enfants". Ces associations sont présidées par Amirouche O., "de droit" pour la première et "de fait" pour l'autre, a-t-on précisé de même source.

Interpellé avec sa sœur

Amirouche O. a été interpellé mardi matin en même temps que sa soeur Fatiha, 49 ans, présidente de "Maisons de savoir". Elle est renvoyée devant le tribunal pour "abus de confiance" et "complicité de blanchiment". Ils ont été présentés jeudi au parquet, qui a "requis la détention provisoire pour lui et un contrôle judiciaire pour elle".

Amirouche O. est aussi poursuivi pour avoir continué les activités de la mosquée, alors que la municipalité avait pris un arrêté en novembre 2018, pour fermer les locaux en raisons d'infractions aux consignes de sécurité.

Les perquisitions menées mardi ont permis de constater au sein de ces locaux "la présence d'une école", qui "fait l'objet d'une enquête incidente", pour "ouverture d'un établissement d'enseignement privé sans autorisation", a ajouté le parquet.

Les trésoriers des deux associations, interpellés mardi, ont été relâchés sans poursuites.

Depuis au moins avril 2015

Le quadragénaire "alimentait" d'une part son compte personnel "avec des fonds provenant de dons à ces associations", qu'il allait notamment "chercher à l'étranger".

Le reste des fonds nécessaires à l'acquisition des biens "a été versé directement entre les mains du notaire par l'association Maisons du savoir, ou par des tierces personnes, sous forme de prêts personnels qui n'ont jamais été déclarés à l'administration fiscale", a-t-on précisé.

L'infraction de "blanchiment de fraude fiscale" est "aggravée puisque commise de manière habituelle, depuis au moins avril 2015".

Selon le parquet, le prévenu est proche du mouvement "tabligh", qui promeut une vision "prosélyte" de l'islam.

M.L. avec AFP