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Plusieurs centaines de manifestants à Lille contre la réforme de l'assurance chômage

L'Assurance chômage (illustration)

L'Assurance chômage (illustration) - Dominique FAGET / AFP

Les manifestants, environ 550 selon la préfecture, protestaient contre cette réforme, qui doit entrer en application le 1er juillet prochain.

Quelques centaines de personnes, parmi lesquelles des professionnels de la culture, ont manifesté samedi après-midi à Lille pour dire leur opposition à la réforme de l'assurance chômage qui doit entrer en application le 1er juillet.

Les manifestants, environ 550 selon le décompte de la préfecture, s'étaient donné rendez-vous près du théâtre de Sébastopol, occupé depuis mi-mars par des intermittents du spectacle.

"Que fait pôlice emploi ? Ça crève les droits" sur une grande banderole noire et "ils veulent nous plumer" à côté d'un manifestant déguisé en poulet pouvait-on lire entre autres slogans, tandis que des pancartes appelaient à redonner vie au secteur culturel à l'arrêt pour cause de Covid-19.

Le gouvernement défend un "enjeu d'équité"

Des collectifs de sans-papiers et quelques gilets jaunes participaient également à la mobilisation.

"Une fois encore, on s'attaque aux droits des plus fragiles d'entre nous", déplorait la Coordination des Interluttants 59-62, qui fédère intérimaires, intermittents et précaires, dans un appel à une manifestation "unitaire" contre cette réforme.

Les Interluttants mentionnent les calculs de l'Unédic, selon lesquels 1,15 million de personnes qui ouvriront des droits à l'assurance chômage dans l'année suivant le 1er juillet devraient toucher une allocation mensuelle plus faible qu'avec les règles actuelles (de 17% en moyenne).

Le gouvernement défend avec cette réforme un "enjeu d'équité", le système actuel étant plus favorable à ceux qui alternent contrats courts et inactivité qu'à ceux qui travaillent en continu.

"Ce n'est pas une mobilisation des intermittents du spectacle mais des intermittents du travail", a expliqué à l'AFP Nicolas, chômeur de 29 ans qui travaillait auparavant comme professeur de philosophie remplaçant. "Nous pensons que l'assurance chômage ne doit pas être un capital pour personnes bien installées dans l'emploi", a insisté le jeune homme, se disant satisfait que le gouvernement ait montré "un signe de faiblesse cette semaine".

A la demande de Force ouvrière, l'Unédic a en effet aussi effectué des simulations montrant qu'avec les mêmes périodes d'emploi et des rémunérations égales, les salariés ayant été en chômage partiel, en congé maladie ou maternité, seraient moins bien indemnisés que les autres.

Sur ce point, le gouvernement s'est dit prêt à corriger des "effets non voulus".

F.R. avec AFP