BFM Lille
Grand Lille

Nord: deux mois après leur arrivée, le quotidien des réfugiés ukrainiens et de leurs familles d'accueil

Deux mois après avoir accueilli des Ukrainiens qui fuyaient la guerre chez eux, deux familles du Nord s'interrogent pour la suite. Entre incertitude sur l'avenir et problèmes administratifs.

Voilà deux mois que les premiers réfugiés ukrainiens sont arrivés en France pour fuir la guerre dans leur pays. Dès le début d'invasion russe, la solidarité s'était mise en place pour accueillir des familles ukrainiennes. À Lille, c'est le cas d'Émily. Elle avait le temps, l'espace et l'envie d'être utile.

Depuis plusieurs semaines, elle accueille chez elle Tatiana et sa fille Ela, venue d'Ukraine.

"Il y a eu une euphorie au début, surtout de la part des enfants, raconte la mère de famille à BFM Grand Lille. Et puis après, c'est vrai que quand ça s'installe dans la durée il faut s'adapter, il faut apprendre à communiquer malgré la barrière de la langue."

Un gros point d'interrogation

La mairie a demandé aux Lillois d'offrir l'hospitalité aux Ukrainiens pendant trois mois. À l'approche de la fin de ce délai, Émilie se demande quelle sera la suite pour Tatiana et sa fille.

"Je ne la mettrai pas dehors au bout de trois mois, ça c'est sûr et certain. Maintenant, comment ça va se passer après? Pour le moment, il y a un gros point d'interrogation. On a besoin de savoir, que ça soit pour nous, ou les familles accueillies, afin de pouvoir se projeter", confie-t-elle.

Sylvie et Didier hébergent deux jeunes ukrainiennes chez eux à Halluin dans le Nord depuis près de deux mois. Entre les jeunes filles et le couple, une belle complicité s'est installée. "Elles sont venus avec moi au cours de danse dès le début, c'était un vrai bonheur", raconte Sylvie, professeur de danse.

Des problèmes administratifs

Pour le couple, les principales difficultés sont d'ordre administratif. "Pour les papiers, ça n'a jamais été facile", raconte Sylvie. Si les réfugiés ukrainiens peuvent obtenir une autorisation provisoire de séjour pendant six mois, renouvelable trois ans maximum, les deux jeunes restent confrontées à certains blocages.

"C'est surtout pour les réponses de l'assurance-maladie, notamment et les problèmes de santé, assure Didier. Pour l'instant, on va avancer les frais, et on se fera rembourser plus tard."

Elise Dherbomez et Pauline Boutin