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Lille: les étudiants du Crous manifestent contre le manque de logements

Un rassemblement est prévu ce mercredi pour dénoncer la pénurie de chambres. Celle-ci résulte notamment de l'accélération du processus de réhabilitation et de construction du parc immobilier, lequel était pointé du doigt pour son insalubrité.

Un mois et demi après la rentrée universitaire, certains n'ont toujours pu s'installer dans un logement universitaire. À Lille, les étudiants font face à une pénurie de chambres, en particulier dans les résidences universitaires. Une manifestation est prévue ce mercredi, à 13h30, devant le Crous.

"On a une grosse pénurie de logements et plein d'étudiants qui ne savent pas où se loger. (...) On a des étudiants qui sont à la rue. Mais ça existait déjà avant la crise sanitaire", expliquait Clairanne Dufour, vice-présidente de l'association Galillé, sur notre antenne il y a peu.

Ce manque de logements découle aussi, mécaniquement, de l'accélération du plan de réhabilitation et de construction des bâtiments du Crous, entamé en 2013. Du fait des travaux, et de l'aggrandissement des chambres, moins de places sont ouvertes à la location. Le Crous reconnaît lui-même cette situation de tension.

Cafards, punaises de lit, moisissure...

Des évacuations et des relogements sont encore en cours. Elles concernent les bâtiments X et W de la résidence Albert Camus, sur le campus de la Cité scientifique, à Villeneuve-d'Ascq, où 122 étudiants, en majorité étrangers, étaient contraints de vivre dans des conditions indignes. Le premier bloc a fermé au mois d'octobre, le deuxième fermera d'ici la fin de l'année.

Cette accélération du processus est survenu à l'automne, lorsque le député communiste Alain Bruneel a interpellé Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, sur la question de l'insalubrité dans un parc immobilier vieillissant.

Punaises de lit, cafards, moisissure, isolation défectueuse: "C'est comme en prison, résumait Ugo Bernacilis, député La France Insoumise, sur BFM Grand Lille. La seule différence, c'est que les étudiants ont la clé de leur chambre".

D'ici à 2025, 17 des 24 bâtiments du Crous de la Métropole européenne de Lille auront été réhabilités, pour un coût d'environ 5,5 millions d'euros chacun. En attendant, la problématique du manque de logements étudiants pourrait se poser de nouveau, notamment à la rentrée prochaine, craint le Crous.

Chloé Berthod avec Florian Bouhot