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Dunkerque, Calais, Saint-Omer… ces villes des Hauts-de-France menacées par la montée des eaux

La montée des eaux menace les Hauts-de-France et les prévisions même les plus optimistes ne sont pas réjouissantes. À l’échelle de la région, les habitants du front de mer sont loin d’être les seuls exposés.

Des villes des Hauts-de-France menacés par la montée des eaux? Calais, Gravelines, Dunkerque, Saint-Omer... D’ici 2100 de nombreuses communes pourraient subir les conséquences de la hausse du niveau de la mer.

Le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et le Giec ont étudié plusieurs hypothèses d'une élévation du niveau de la mer. L'une des plus optimistes, celle d'une élévation d'un mètre en 2010, se traduirait par la submersion d'un certain nombre de villes, comme le montre la carte ci-dessous.

Avec le réchauffement climatique et la montée des eaux, plusieurs communes des Hauts-de-France sont menacées
Avec le réchauffement climatique et la montée des eaux, plusieurs communes des Hauts-de-France sont menacées © BRGM/GIEC

Ces risques de submersions marines et d’inondations font l'objet d’une enquête publique à Dunkerque et Bray-Dunes, ouverte jusqu'au 19 novembre. Cette enquête porte sur le Plan de prévention des risques littoraux.

Car le sujet a de quoi inquiéter une partie des habitants des Hauts-de-France. Les zones exposées concernent près de 450.000 habitants, mais aussi des lieux sensibles comme la centrale nucléaire de Gravelines et 14 sites classés Seveso.

Les zones plus dans les terres également touchées

La région, est en réalité doublement menacée. Car la montée des eaux pourrait aussi avoir des répercussions sur le niveau des cours d’eau. La raison, "le polder", c’est-à-dire ces 100.000 hectares de terre gagnés sur l’eau au fil des siècles et gérés par ce que l’on appelle les "wateringues", un vaste réseau de canaux censé évacuer l’eau douce vers la mer via un système de pompes et de portes.

La gestion du niveau de l'eau dans les Wateringues (illustration).
La gestion du niveau de l'eau dans les Wateringues (illustration). © BFM Grand Littoral

Mais ce système pourrait bien se retrouver inopérant en cas de submersion marine. Entre Calais, Saint-Omer et Dunkerque, plusieurs scénarios sont actuellement à l’étude.

Des emménagements coûteux

Pour Philippe Parent, directeur de l'Institut des Wateringues, il faut "voir comment le territoire, compte tenu de ses spécificités, va pouvoir s'y adapter".

"Est-ce qu'on a encore beaucoup de marge de manoeuvre ou alors est-ce qu'il va déjà falloir prendre des mesures et dans quels délais?" s'interroge le spécialiste.

Pour prévenir le risque d’inondation, la facture s’annonce déjà salée. À Dunkerque par exemple, la rénovation de la digue a coûté plus de 13 millions d’euros. Les habitants sont également mis à contribution, des travaux obligatoires sont ainsi prévus pour les propriétaires par le futur plan de prévention des risques littoraux.

Chloé Berthod et Alicia Foricher