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Douai: mobilisation pour les urgences pédiatriques, fermées la nuit et le week-end faute d'effectifs suffisants

Une cinquantaine de personnes ont manifesté lundi devant le centre hospitalier, qui fonctionne en mode dégradé depuis le 15 septembre. Le député Alain Bruneel menace de porter plainte si une solution n'est pas trouvée.

Voilà six jours que le service pédiatrique du centre hospitalier de Douai (Nord) fonctionne en mode dégradé. Faute d'un nombre suffisant de spécialistes, les urgences doivent fermer la semaine entre 18 heures et 9 heures, le week-end et les jours fériés, "sauf urgences vitales et traumatologiques". L'établissement ne compte plus que trois pédiatres, contre dix quelques mois auparavant.

Les enfants de moins d'un an sont temporairement redirigés vers les centres hospitaliers de Cambrai, Lens, Arras ou Valenciennes. Ceux de plus d'un an doivent pour leur part prendre la direction des urgences de la clinique Saint-Amé, à Lambres-Lez-Douai.

Chez les Douaisiens, la colère est mêlée d'inquiétude et d'un sentiment d'injustice. Une cinquantaine de personnes ont manifesté devant l'établissement ce lundi.

"Je ne veux pas que les urgences pédiatriques ferment parce que c'est important", tonne une maman, interrogée par BFM Grand Lille. "Si, en pleine nuit, on a une poussée de fièvre, une bronchiolite...", imagine-t-elle.

"Un stress supplémentaire"

"C'est un stress supplémentaire, déplore une autre Douaisienne à notre micro. Je l'ai vécu encore ce week-end. Le petit est monté à 40 de température. Je me suis dit: 'Bon, on va attendre un petit peu, voir si ça passe'. Je savais que c'était fermé et qu'il fallait que je m'engage sur une route..."

Les parents ont pu trouver l'appui d'élus locaux. Parmi eux, Alain Bruneel, député communiste de la 16e circonscription du Nord. "Ils sont incapables de faire face aux différents départs, constate-t-il, amer, écharpe de la République sur l'épaule. Après trois départs, on n'est pas capables de retrouver trois médecins en pédiatrie."

L'intéressé a fait savoir le fond de sa pensée au directeur de l'Agence régionale de Santé des Hauts-de-France. "Il m'a dit: 'Au plus tôt, le mois de décembre, tout est rétabli. Au plus tard, au mois de janvier'. C'est anormal, ça. Il y a une rupture d'égalité concernant la santé."

Une "rupture d'égalité" qui pourrait amener l'élu communiste à porter plainte.

Rémi Desreumaux et Xavier Silly avec Florian Bouhot