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Thomas Reynaud (Iliad/Free): "la France ne doit pas prendre de retard" dans la 5G

Invité de Good Morning Business ce vendredi, le directeur général s'étonne également que l'Etat n'ait pas autorisé l'opérateur à utiliser des équipements Huawei pour son réseau 5G.

Pression des associations, méfiance voire défiance de certains élus écologistes, appels au moratoire, la 5G cristallise actuellement beaucoup d'oppositions. Elle constitue pourtant un enjeu majeur pour le pays comme le répète Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad, la maison mère de Free ce vendredi sur BFM Business.

"On a eu un long débat autour de la 5G (...) la 5G c'est un rendez-vous important pour Free, pour le secteur des télécoms mais surtout pour notre économie, souligne-t-il. Vous savez que les fréquences 5G ont été attribuées dans tous les pays du G7, dans la plupart des pays de l'OCDE et la France ne doit pas prendre de retard".

"La 5G n'est pas une idéologie"

Et de poursuivre: "la 5G ça ne doit pas être une idéologie, la 5G c'est une technologie. La 5G va permettre de faire face à la hausse des usages, des volumes de données sur nos réseaux de manière beaucoup plus efficace d'un point de vue énergétique (...) avec la 5G on consommera moins d'éléctricité qu'avec la 4G".

Une manière de répondre aux récents débats sur la surconsommation électrique de cette nouvelle norme mobile.

Les enchères pour les fréquences auront lieu en septembre après un report pour cause de confinement. Free se tient prêt à sortir le chéquier, "on ira se battre pour obtenir tout le spectre dont nos abonnés ont besoin", lance le directeur général.

Mais Thomas Reynaud s'étonne que l'Etat lui interdise d'utiliser des équipements du chinois Huawei pour déployer son réseau (pour rappel, Bouygues Telecom a été invité à retirer des antennes du chinois dans les zones très denses).

Si Iliad a pourtant passé un accord avec le finlandais Nokia, le responsable dénonce "une rupture d'égalité de traitement entre les quatre opérateurs" puisque ses concurrents (Bouygues Telecom et SFR) ont pu utiliser les équipements du géant chinois.

"On souhaite avoir la possibilité d'avoir recours à l'ensemble des grands équipementiers mondiaux comme nos trois concurrents. Nous sommes dans un secteur hyper-concurrentiel (...) on doit avoir avoir la même agilité que nos concurrents", assène Thomas Reynaud.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business