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Télétravail: des journées de travail 48 minutes plus longues selon une étude

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teletravail - Vincent Weinebeer

Des chercheurs de la Harvard Business School et de la New York University ont analysé les e-mails et les agendas partagés de 3,1 millions d’employés aux États-Unis, en Europe et au Moyen-Orient sur une période de seize semaines.

Plébscité par les salariés, le télétravail a aussi son revers de la médaille. Les salariés qui y ont recours se sentent plus sous pression, enclins à en faire plus. Et cela se traduit par un temps de travail plus long que la normale.

Une étude menée par des chercheurs de la Harvard Business School et de la New York University ont d'ailleurs évalué cet allongement à 48,5 minutes par jour, soit plus de 4 heures supplémentaires hebdomadaires. Ce qui est loin d'être anodin.

Pour arriver à ce chiffre, ils ont analysé les e-mails et les agendas partagés de 3,1 millions d’employés aux États-Unis, en Europe et au Moyen-Orient sur une période de seize semaines au printemps, pendant le confinement.

Ils ont ainsi pris en compte le premier email envoyé ou la première réunion virtuelle de la journée et le dernier email envoyé ou dernière réunion de la journée pour déterminer ce temps de télétravail.

Des réunions plus nombreuses mais moins longues

Les chercheurs notent par ailleurs que cet accroîssement est dû à une augmentation de 5% du volume des emails internes reçus et de 12,9% des réunions virtuelles. Même si le temps passé dans ces réunions baisse de 20%, la surcharge cumulée augmente mécaniquement le temps passé à télétravailler.

De quoi apporter de l'eau au moulin aux syndicats français notamment qui exigent un cadre légal plus strict pour le télétravail. D'un côté, le patronat considère que tout s'est globalement bien passé pendant le confinement, lorsque le télétravail s'est massivement développé, et qu'il est inutile d'encadrer davantage cette pratique.

A l'inverse, les syndicats sont unanimes et réclament de nouvelles règles. Selon eux, tout s'est fait dans l'improvisation la plus totale durant le confinement. D'où la nécessite de fixer un cadre clair sur le télétravail. Les représentants des salariés souhaitent en outre négocier sur les amplitudes horaires et le droit à la déconnexion qui n'auraient pas toujours été respectés pendant le confinement.

Le dernier accord sur le télétravail en France remonte à 2005, soit à une époque où il n'y avait quasiment pas de télétravail. Il y a pourtant urgence à l'heure où la pratique du télétravail devrait à nouveau augmenter alors que l'épidémie de covid repart dans le pays.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business