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Safran: "L'accord sur l'activité partielle permet de sauver 10.000 emplois en France"

Philippe Petitcolin, directeur général de Safran, a précisé que l'accord signé avec les syndicats sur l'activité partielle longue durée (APLD) a permis de sauver 10.000 emplois en France.

Invité de BFM Business, Philippe Petitcolin, directeur général de Safran, affirme que les effectifs en France ne seront pas affectés par les plans de suppression de postes.

"L'accord d'activité partielle longue durée (APLD) que nous avons signé avec tous les syndicats français nous a permis de sauver 10.000 emplois. Autrement dit, si nous n'avions pas signé cet accord, nous aurions été contraints de nous séparer d'environ 10.000 salariés".

Cet accord a été conclu alors que les usines du motoriste français "tournent actuellement à 55% de leur activité normale".

"Si l'activité chutait de 30 à 40% de plus, cela serait difficile"

"L'APLD nous permet de faire du chômage partiel jusqu'à 40% de nos effectifs. Cela nous donne une certaine flexibilité et nous a permis de sauver déjà 6000 emplois rien que sur cette mesure spécifique. Si l'activité devait chuter encore de 30 à 40% supplémentaires, cela serait difficile à tenir", a expliqué le dirigeant du motoriste français

Safran a perdu 19.000 salariés en 6 mois, hors de France

Safran a surtout réduit ses effectifs en dehors de France. "Nous étions au total 100.000 avant la crise dont 95.000 en CDI. Aujourd'hui nous sommes 81.000, donc nous avons perdu 19.000 personnes en moins de six mois. En France, nous n'avons pas touché à nos effectifs qui sont passés de 45.000 à 44.000, soit une érosion totalement naturelle" a complété Philippe Petitcolin.

"On va s'obliger avec l'APDL à ce que chaque personnel chaque ouvrier passe 3 jours en moyenne par semaine dans l'entreprise. C'est essentiel. Si vous laissez les gens pendant 3 ou 6 mois sans repère, sans travailler, je pense que cela serait extrèmement difficile pour eux de re-travailler" a-t-il précisé à propos de la façon dont est géré le chômage partiel en France pour les salariés concernés.

"Pour le long courrier, pas de reprise avant 2025"

Concernant les scénarios de reprise éventuelle à venir de l'activité du transport aérien, le directeur général de Safran pense que l'évolution à venir se fera différenciée "selon les vols vols régionaux et domestiques et les vols long courrier".

"On voit une reprise plus proche, pour les premiers, de la fin 2002 ou du début 2023. Par contre, pour les vols long courrier, ce ne sera pas avant 2025" a conclu Philippe Petitcolin.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco