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Chez Safran, un accord syndical évite les licenciements secs en accélérant les départs en retraite

Des moteurs pour l'Airbus A320 Neo à l'usine de Safran à Colomiers

Des moteurs pour l'Airbus A320 Neo à l'usine de Safran à Colomiers - PASCAL PAVANI © 2019 AFP

Un accord pour réduire les effectifs en France via des départs anticipés à la retraite, sans préciser leur nombre, a été approuvé par trois syndicats du motoriste aéronautique, anticipant la crise du secteur.

Trois syndicats chez Safran, CFE-CGC, CFDT et FO, totalisant plus de 75% de représentativité syndicale, ont validé un accord de réduction d'effectifs évitant les licenciements, dans un secteur, l'aéronautique, confronté à ralentissement sans précédent de son activité.

Dans cet accord, valable jusqu'à fin 2021, il est stipulé qu'il n'y aura "aucun licenciement sec pendant sa durée de 18 mois et aucune mobilité forcée", a précisé Daniel Barberot de FO. Ce texte "préserve l'emploi et nos acquis sociaux", notamment "la feuille de paie", a-t-il ajouté.

3000 postes supprimés via des départs "accélérés" à la retraite

Safran, qui compte "45.000 salariés en France", devrait supprimer "environ 3000 postes" via des départs accélérés à la retraite, "en avançant à cette année et à 2021 des départs qui auraient pu avoir lieu plus tard", a indiqué Anne Vitali de la CFDT. Cette estimation de 3000 emplois est basée sur "la pyramide des âges des deux/trois ans à venir", a expliqué Patrick Potacsek de la CFE-CGC. Pour encourager les salariés à prendre plus tôt leur retraite, l'accord prévoit des mesures incitatives en majorant l'indemnité de départ, avec ou sans rachat de trimestres. Il est aussi prévu des aides financières pour des départs volontaires du groupe pour création ou reprise d'entreprise, ou encore pour suivre une formation.

"Une alternative aux licenciements massifs est possible"

Saluant un "accord qui sauvegarde l'emploi", grâce à "un ensemble de mesures temporaires" pour "faire face à (une) situation exceptionnelle" de crise dans l'industrie aéronautique, la CFE-CGC a estimé que ce texte démontrait qu'"une alternative aux licenciements massifs est toujours possible".

La CFDT "se félicite" également d'un accord conçu "pour protéger les emplois d'aujourd'hui et préparer les emplois de demain". Le texte prévoit notamment que "le recours à l'activité partielle de longue durée (APLD) jusqu'à fin 2022 concernera 6.000 salariés, au gré des besoins de chaque société du groupe", note le syndicat. Ce dispositif va "garantir 93% du salaire net des salariés qui seront en activité partielle au maximum à 40%", a détaillé le représentant de FO.

F.B avec AFP