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Retraites: CFDT et FO ne veulent pas reprendre les discussions cet été

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT - Yoan VALAT © 2019 AFP

Dans un entretien à la presse quotidienne régionale jeudi, Emmanuel Macron a dit vouloir relancer dès cet été les discussions autour de la réforme des retraites.

Les leaders de la CFDT et de Force ouvrière ont critiqué ce vendredi la volonté d'Emmanuel Macron de relancer cet été la "concertation" sur les "équilibres financiers" du système de retraites, estimant que le moment était mal choisi, car "la priorité doit être l'emploi". Suspendue "sine die" par le chef de l'Etat mi-mars, la réforme des retraites reste un sujet hautement inflammable.

Dans un entretien à la presse quotidienne régionale publié jeudi soir, Emmanuel Macron a affirmé qu'"il n'y (aurait) pas d'abandon" de son projet de système universel, qu'il juge toujours "juste", même s'il se dit "ouvert" à ce que sa réforme "soit transformée". Il souhaite aussi "réengager rapidement une concertation en profondeur (...) dès l'été sur (le) volet des équilibres financiers" et considère que "la question du nombre d'années pendant lesquelles nous cotisons demeure posée".

"On ne va pas se remettre à se foutre sur la gueule sur la question des retraites"

Mais la CFDT et FO ne sont pas du tout du même avis. "Le débat sur l'augmentation de la durée du travail serait une ligne rouge", a prévenu Laurent Berger sur France Inter. "On est dans une situation très compliquée économiquement et socialement", a souligné le secrétaire général de la CFDT, pour qui "la priorité des priorités, ça doit être l'emploi". "On ne va pas se remettre à se foutre sur la gueule sur la question des retraites dans cette période", a-t-il ajouté.

Après les longues grèves de décembre et janvier, puis le recours au 49-3 à l'Assemblée début mars, "on risque de rouvrir de la tension, un conflit social", a, pour sa part, mis en garde Yves Veyrier sur Europe 1. "Ce n'est vraiment pas le moment de remettre ce dossier sur la table", a insisté le leader de FO, qui entend prendre attache avec les autres dirigeants syndicaux et patronaux pour envoyer un message commun au président de la République: "Il faut qu'on lui dise non".

P.L avec AFP