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Reconfinement: le gouvernement rajoute 20 milliards d'euros pour soutenir l'économie française

Le gouvernement présente ce mercredi un nouveau projet de budget rectifié pour 2020, le quatrième depuis le début de la crise sanitaire

Le gouvernement présente ce mercredi un nouveau projet de budget rectifié pour 2020, le quatrième depuis le début de la crise sanitaire - Loïc Venance-AFP

Le gouvernement présente ce mercredi un nouveau projet de budget rectifié pour 2020 afin de débloquer 20 milliards d'euros en plus pour soutenir l'économie française. Conséquence: le déficit public devrait finalement se creuser à 11,3% du PIB cette année.

Le quatrième projet de budget rectifié pour 2020 va entériner une nouvelle dégradation des prévisions économiques du fait du confinement, et 20 milliards d'euros de nouveaux moyens financiers débloqués par le gouvernement français.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire l'a déjà annoncé la semaine dernière: le produit intérieur brut (PIB) devrait finalement se contracter de 11% cette année, contre 10% anticipé dans la précédente prévision de septembre. En cause: le reconfinement en vigueur depuis vendredi 30 octobre et décidé à ce stade pour un mois, qui va faire replonger l'activité et grever le rebond du troisième trimestre.

Même s'il est moins strict que le premier confinement, de nombreux commerces, déjà fragilisés par la crise, se retrouvent contraints de fermer, malgré leurs protestations.

Le fonds de solidarité est gonflé de 10,9 milliards d'euros

Pour éteindre leur colère et limiter les faillites, le gouvernement met donc 20 milliards d'euros supplémentaires sur la table, après près de 470 milliards débloqués depuis mars (dont plus de 300 milliards de garanties publiques).

Principale mesure, le fonds de solidarité dédié aux petites entreprises est gonflé de 10,9 milliards en plus des 9 milliards déjà prévus. Son accès a été élargi et les montants alloués augmentés.

Le dispositif d'activité partielle est, lui, doté de 3,2 milliards d'euros supplémentaires, après 31 milliards déjà budgétés et plus de 22 milliards dépensés. Le gouvernement prévoit aussi 3 milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales, et 1,9 milliard d'euros de nouvelles dépenses de santé dans le cadre de l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam).

Les primes aux plus modestes coûteront 1,1 milliard d'euros

Enfin, accusé de ne pas en faire assez pour soutenir les plus modestes, le gouvernement va verser des primes exceptionnelles aux bénéficiaires du RSA, des chômeurs en fin de droits et aux moins de 25 ans, qui coûteront 1,1 milliard d'euros.

Ces dépenses couvrent plus d'un mois de confinement -dont le coût a été évalué à 15 milliards d'euros par Bruno Le Maire- laissant penser que le gouvernement anticipe une prolongation du confinement. Il n'en est rien, répond-on à Bercy, où on justifie cette enveloppe par une "sortie progressive des dispositifs" de soutien après le déconfinement et non un arrêt brutal.

Conséquence: le déficit public devrait finalement se creuser à 11,3% du PIB et la dette s'envoler à 119,8% en 2020. Le gouvernement ne pense plus atteindre en 2021 les 8% de croissance prévu jusqu'ici et se refuse à ce stade à dévoiler toute nouvelle prévision.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé avec AFP Journaliste BFM Éco