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Pourquoi le prix des fruits et légumes s'est envolé depuis le confinement

Selon une enquête de l'UFC-Que choisir, les prix des fruits et légumes conventionnels ont augmenté de 6% depuis le confinement et les bio de 12%. Mais sur un an, la hausse n'est pas si forte.

Si les produits d'épicerie n'ont pas subi d'inflation avec le confinement, cela ne semble pas être le cas pour les produits frais et notamment les fruits et légumes. 

L'UFC-Que choisir a analysé les prix de 116.000 produits dans 4600 drives. Selon son étude, relayée par BFMTV et Le Parisien ce mercredi matin, la hausse de prix moyenne serait de 9% sur l'ensemble du rayon. Et si la hausse est de 6% sur les produits conventionnels, elle atteint les 12% sur les fruits et légumes bio.

D'ailleurs les quatre produits qui ont vu le plus leur prix augmenter sont tous des produits bio. Les tomates grappe bio ont pris 25% (de 4,25 euros à 5,32 euros le kilo), les bananes bio 12% (1,98 euro à 2,22 euros le kilo), les pamplemousses bio 12% (1,27 euro à 1,42 euro la pièce) et les citrons bio 11% (2,91 euro à 3,24 euro le kilo).

Comment expliquer de telles hausses de prix? D'abord l'approvisionnement en produits français plus chers. Alors que de nombreux pays comme l'Italie ou la Pologne ont fermé leurs frontières, la grande distribution se fournit principalement en France depuis le confinement. Ce qui fait grimper les prix. Des produits comme les fraises ou les tomates qui venaient principalement du Maroc ou d'Espagne ont particulièrement flambé avec le confinement et l'approvisionnement hexagonal.

Par ailleurs les coûts de production ont eux aussi fortement augmenté. Les frais de transport ont augmenté de 30%, estime Laurent Grandin, le président d'Interfel, la filière des fruits et légumes, dans Le Parisien. Moins de camions et surtout des voyages que les transporteurs peinent à rentabiliser. Les usines étant à l'arrêt, les camions se retrouvent vides une fois la livraison de fruits et légumes effectués. Résultat, les coûts de livraison augmentent.

Sur un an, la hausse n'est que de 2-3%

Dernier point évoqué par l'UFC-Que choisir pour expliquer la hausse: l'emballage. Pour rassurer les consommateurs en pleine pandémie, les enseignes ont tendance à suremballer les produits frais depuis quelques semaines, ce qui fait là encore grimper le prix.

Si ces hausses sont importantes sur un mois, il faut cependant les relativiser sur une plus longue période. Le printemps étant la saison des produits primeurs, les prix ont tendance à augmenter à cette période, les consommateurs privilégiant les produits français. Si on compare les prix sur un an, la hausse n'est plus si spectaculaire.

"Certains coûts ont progressé avec la crise du coronavirus, mais si on compare les tarifs avec ceux de l'an passé à la même période, nous trouvons plutôt une hausse de 2 à 3%", assure ainsi le président d'Interfel.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco