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Aux Etats-Unis, les Gafa sont désormais accusés d'avoir "trop de pouvoir"

David Cicilline, l'élu démocrate qui préside cette audition exceptionnelle, accuse les Gafa d'abuser de leur position dominante

David Cicilline, l'élu démocrate qui préside cette audition exceptionnelle, accuse les Gafa d'abuser de leur position dominante - GETTY IMAGES NORTH AMERICA

L'emprise sur les données par Google, Apple, Facebook et Amazon inquiète les Américains. A moins de 100 jours des élections, une commission parlementaire demande des comptes à leurs dirigeants.

Google, Apple, Facebook et Amazon "ont trop de pouvoir". C'est l'accusation lancée par David Cicilline, l'élu démocrate qui préside l'audition exceptionnelle des patrons de ces entreprises soupçonnées d'abuser de leur position dominante. Ce mercredi, Sundar Pichai (Alphabet, maison-mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon), sont auditionnés par visioconférence, pandémie de coronavirus oblige.

Egrenant des chiffres faramineux démontrant la puissance de ces géants, David Cicilline a souligné la nécessité d'enquêter sur leurs pratiques aujourd'hui plus que jamais, parce qu'"elles devraient émerger du Covid-19 encore plus fortes et puissantes qu'avant".

Prenant la parole à la suite de l'élu démocrate, Jim Sensenbrenner, un républicain, a souligné qu'"être grand n'est pas mauvais en soi. C'est même le contraire en Amérique, vous devriez être récompensés pour votre succès" avant d'entamer ce qui pourrait devenir l'objet principal de cette audition pour son parti: les réseaux sociaux sont-ils biaisés et censurent-ils les voix conservatrices?

Zuckerberg en appelle "au patriotisme économique"

Donald Trump en est convaincu, même si son porte-voix préféré est Twitter, où il compte 84 millions d'abonnés. "Si le Congrès ne force pas les 'Big Tech'à être équitables, ce qu'ils auraient dû faire il y a des années, je le ferai moi-même avec des décrets", a menacé Donald Trump avant même que la séance ne commence.

Jim Jordan, un des proches alliés du locataire de la Maison Blanche, a aussi attaqué sur ce thème, énumérant des exemples de tentatives, à son avis, de réduire les républicains au silence sur les réseaux sociaux.

"Les Big Tech ont ouvert la chasse aux conservateurs et ça c'est un fait", a lancé Jim Jordan.

C'est Jeff Bezos, fondateur et patron d'Amazon et homme le plus riche du monde, qui a ouvert le bal avec des propos liminaires -publiés dès mardi soir- après que les quatre patrons ont prêté serment. C'est la première fois qu'il témoigne devant le Congrès.

Dans son discours dévoilé en partie avant osn audition, Mark Zuckerberg (Facebook) en appelle au patriotisme économique des élus. Son empire est composé de deux plateformes (Facebook et Instagram), deux messageries (Messenger et WhatsApp) et d'autres produits dérivés, des services aux professionnels aux jeux vidéo.

Facebook est une "entreprise fièrement américaine", qui n'aurait pas réussi sans "les lois encourageant la compétition et l'innovation", a déclaré le fondateur du premier réseau social de la planète.

4780 milliards de dollars

Chacun patron à tour de rôle doit insister sur la concurrence féroce à laquelle son entreprise doit faire face et chacun soulignera aussi à quel point l'Amérique peut être fière des GAFA, selon les propos liminaires publiés dès mardi soir.

Les quatre entreprises pèsent ensemble 4780 milliards de dollars en Bourse. Elles ont largement contribué à la croissance américaine et permettent au pays de dominer l'internet mondial, de la communication au commerce en ligne.

Mais leur emprise sur les données, moteur de l'économie numérique, inquiète en termes de respect de la concurrence et aussi de la vie privée, surtout depuis les scandales des interférences étrangères dans les élections de 2016.

A gauche comme à droite, et à moins de 100 jours des élections, les élus pourraient donc se montrer particulièrement agressifs contre les réseaux sociaux, dont ils ne peuvent se passer pour faire campagne.

Pascal Samama avec AFP