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Concurrence: les Gafa convoqués par le Congrès américain pour s'expliquer

Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon) répondront aux questions d'une commission parlementaire

Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon) répondront aux questions d'une commission parlementaire - Lionel Bonaventure

L'audience très attendue des patrons des "GAFA" au Congrès américain se tiendra mercredi, selon le calendrier de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Les parlementaires et les puissantes "GAFA" fourbissaient leurs arguments alors que les observateurs préparaient le pop-corn, mais l'audience des quatre patrons parmi les plus emblématiques au monde n'aura pas lieu lundi comme prévu au Congrès américain.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants a fait savoir vendredi que l'audience censée alimenter son enquête sur d'éventuelles pratiques anti-concurrentielles a été reportée à une date non définie.

Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon) ont accepté de répondre aux questions de la commission parlementaire.

Mais l'audience est remise à plus tard car les funérailles de John Lewis, militant emblématique de la non-violence et des droits civiques aux Etats-Unis, doivent commencer lundi à Washington, selon le site américain Politico.

L'audience au sommet est très attendue des milieux politiques et financiers alors que la pression monte, à droite, à gauche et même parfois en interne, contre la toute-puissance perçue des plateformes numériques.

La commission judiciaire planche depuis plus d'un an sur la possibilité d'abus de position dominante par les GAFA (acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple) et sur la pertinence des lois antitrust existantes et de leur application.

Plateformes tentaculaires

Google et Facebook, qui accaparent l'essentiel des recettes publicitaires numériques mondiales, mettent à disposition des services "gratuits" devenus largement dominants sur leur créneau, comme le moteur de recherche ou la plateforme YouTube pour Google.

Facebook, avec ses réseaux (sa plateforme principale et Instagram), ainsi que ses messageries (Messenger et WhatsApp), touche environ 3 milliards de personnes dans le monde tous les mois.

Les interactions des utilisateurs avec ces outils de recherche, communication et divertissement permettent aux deux sociétés de récolter des données sur leurs profils et de vendre des espaces publicitaires ultraciblés, à très grande échelle.

Chez Apple et Amazon, ce sont plutôt leurs plateformes de vente (l'App Store sur les iPhone et iPad et le site de e-commerce pour Amazon) qui sont dans le collimateur des représentants, car les deux entreprises sont à la fois hébergeurs et commerçants.

Les quatre sociétés font aussi l'objet d'enquêtes et de procédures de la part des agences de régulation, du ministère de la Justice, des procureurs généraux des Etats américains et d'autres tribunaux, sur des sujets divers, notamment la protection des données personnelles.

Régulation

L'été dernier, l'agence fédérale de la protection des consommateurs a infligé à Facebook une amende record de 5 milliards de dollars pour ne pas avoir su protéger les infos confidentielles de ses utilisateurs, suivie d'une amende de 170 millions à YouTube, pour non-respect de la vie privée des enfants.

Sur la question de la concurrence, les enquêtes cherchent à déterminer si ces mastodontes empêchent illégalement à des concurrents d'émerger, et si leurs pratiques réduisent l'innovation ou affectent les consommateurs.

La loi américaine, telle qu'appliquée ces dernières années, exige, pour autoriser des mesures contre les entreprises, que leurs agissements fassent clairement du tort aux consommateurs, en conduisant à une hausse des prix par exemple.

La commission judiciaire n'a a priori pas d'objectif en termes de poursuites dans les tribunaux.

Les observateurs s'attendent plutôt à une audience mouvementée, qui permettra aux élus de mobiliser l'opinion publique sur l'emprise des GAFA dans la vie quotidienne, politique et économique. Elle peut aussi déboucher, sur les moyen et long termes, sur de nouvelles lois plus strictes pour encadrer les plateformes.

P.S. avec AFP