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Pour Bruno Le Maire, l'obligation vaccinale des soignants est "naturelle"

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à la sortie de l'Elysée, le 23 juin 2021 à Paris

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à la sortie de l'Elysée, le 23 juin 2021 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le ministre de l'Économie appelle à la "responsabilité collective" des Français pour lutter contre un éventuel rebond de la pandémie.

Il appelle au sens des responsabilités des Français. Interrogé par Le Parisien sur la menace que représente le variant Delta et l'inquiétude d'une quatrième vague épidémique, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a tenu le même discours que les autres membres du gouvernement. Pour lui, la vaccination de masse est la meilleure solution:

"Nous sommes une nation, avec une responsabilité collective, pas une somme d’individus isolés où chacun vivrait sa vie de son côté", explique Bruno Le Maire. "La vaccination fait partie de cette responsabilité collective. Elle garantit la sécurité sanitaire de tous. Elle nous permettra de retrouver le plus rapidement possible une vie normale, de la croissance, des emplois et de l’activité. Notre croissance dépendra de la vaccination."

Pour accélérer la campagne et éviter un rebond épidémique qui "pourrait bien gâcher l'été des Français" selon les dires du ministre de la Santé Olivier Véran, l'éventualité d'une vaccination rendue obligatoire, pour les soignants au moins, est sur toutes les lèvres. Elle fait même l'objet d'un projet de loi dans les tuyaux du parlement. À ce sujet, Bruno Le Maire a un avis bien tranché:

"Pour certaines professions particulièrement exposées, comme les soignants, l'obligation de vaccination me paraît naturelle", estime le ministre. "Chacun a été frappé par l'épisode de l'Ephad des Landes. (NDLR : le ministère de la Santé considère que la contamination et la mort de deux patients étaient liées à une soignante non vaccinée). Il faut en tirer les conséquences."

Les tests de convenance, "pas une solution" face à la crise sanitaire

Le ministre de l'Économie est également revenu sur la politique des tests gratuits "parfois de convenance" qui selon lui ne peut être une réponse viable à l'urgence sanitaire. Alors que l'idée de rendre payants ces "tests de confort" fait également son chemin, Bruno Le Maire rappelle que les tests PCR et antigénique gratuits coûtent près "de 100 millions d’euros par semaine. Soit 5 milliards d’euros pour la seule année 2021."

Une somme importante que le ministre tient à rappeler, pour que "chacun ouvre les yeux sur ce que représente en termes d’argent public la pratique des tests, qui sont parfois de convenance."

Quant à savoir si les salariés qui refusent de se faire vacciner seront licenciés en cas de mise en place d'une vaccination obligatoire, Bruno Le Maire préfère botter en touche: "Ce n’est pas à moi de le décider. En tant que ministre de l’Économie, je donne simplement le cadre qui doit permettre à notre économie de se redresser." Selon Bruno Le Maire les voyants économiques sont actuellement au vert, avec une consommation à la hausse pour les achats en carte de crédit par rapport à la même période de 2019, et des prévisions de croissance dépassant les 5%.

Louis Augry